L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a rejeté les accusations de conquête territoriale formulées par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le 31 décembre 2025, qualifiant ces allégations de « propagande et manipulation de l’opinion ».
« Le régime de Kinshasa utilise le retrait de nos troupes pour réoccuper des zones et mener des offensives massives contre nos positions et des villages densément peuplés », a déclaré Lawrence Kanyuka, porte-parole de l’AFC/M23, dans un communiqué signé le 2 janvier 2026 à Goma.
Les attaques viseraient notamment les agglomérations d’Uvira et de Makobola, où le mouvement affirme que des « violations graves, pillages et violences sexuelles » ont été commis. Selon l’AFC/M23, les frappes aériennes et bombardements menés par les forces coalisées du régime, y compris les FARDC, les FDLR, les milices Mai-Mai Wazalendo et des mercenaires étrangers, ont fait 8 morts et 55 blessés à Kamanyola et provoqué des déplacements massifs de civils.
Le mouvement dénonce également les actions contre les manifestations pacifiques : « À Uvira, le 22 décembre 2025, les forces de Kinshasa ont ouvert le feu sur des civils lors d’une marche pacifique, mettant en danger des vies innocentes », précise le communiqué.
L’AFC/M23 met en garde la communauté internationale contre un risque « réel et imminent de génocide contre les Tutsi congolais » et appelle à la vigilance face aux discours de haine, à la stigmatisation et aux violations répétées du cessez-le-feu convenu à Doha.
Le mouvement affirme que le régime de Kinshasa reste responsable « des crimes, des déplacements forcés et de l’effondrement sécuritaire à l’Est de la RDC » et se dit aux côtés des victimes pour défendre leur sécurité et leur dignité.
Le gouvernement congolais a indiqué dans communiqué que 500.000 personnes s’était déplacés suite aux combats sur l’axe Kamanyola.
Ces déclarations interviennent dans un contexte tendu en territoire d’Uvira. Les FARDC et les miliciens Wazalendo avaient revendiquer avoir repris à Makoboka 1 et 2.
La population craint une escalade des combats dans la ville d’Uvira, tandis que certains Congolais réfugiés au Burundi commencent à regagner Baraka et Fizi, estimant que la sécurité s’améliore.

