Le général-major Padiri Muhizi Jonas, commandant de la 11ᵉ région militaire, a été arrêté mardi à Kinshasa, selon plusieurs sources sécuritaires. Convoqué par sa hiérarchie, il n’est pas rentré à son poste après cette interpellation, alimentant les spéculations sur une détention effective.
Des proches évoquent un climat de suspicion généralisée au sommet des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Cette arrestation intervient dans un contexte marqué par une série de poursuites visant des officiers supérieurs. Des sources communautaires affirment qu’une large proportion de généraux banyamulenge serait concernée par des mesures d’arrestation, dénonçant une lecture à caractère ethnique. Les autorités n’ont pas confirmé ces chiffres et n’ont pas communiqué officiellement sur les motifs précis visant le général Padiri.
Figure militaire reconnue, le général Padiri Muhizi Jonas a joué un rôle central dans les opérations ayant conduit, par le passé, à la première défaite et à l’expulsion des mouvements CNDP et M23. Son interpellation relance le débat sur la cohésion de la chaîne de commandement à un moment critique pour la sécurité nationale.
Plus largement, l’appareil militaire congolais traverse une zone de fortes turbulences. Trois ans après son arrestation, le lieutenant-général Philémon Yav Irung, ancien commandant de la troisième zone de défense couvrant sept provinces de l’Est et du Nord-Est, a comparu le vendredi 20 décembre devant la Haute Cour militaire à Kinshasa. Surnommé le « Tigre katangais », il est poursuivi notamment pour trahison, en raison de liens présumés avec le Rwanda et l’AFC-M23. Son entourage dénonce une cabale judiciaire et conteste les accusations.
Autre dossier emblématique : le général de brigade John Tshibangu, arrêté en novembre, a été conduit à la prison militaire de Ndolo à Kinshasa après une série d’auditions, des services de renseignement jusqu’à l’auditorat général des FARDC. Ancien rebelle sous Joseph Kabila, déjà condamné par la justice militaire avant d’être réhabilité et promu sous le régime actuel, il avait été nommé commandant de l’armée au Kasaï Oriental.
Selon des sources concordantes, plusieurs autres officiers supérieurs, dont Christian Tshiwewe, ancien chef d’état-major général des FARDC, sont également détenus. Ces arrestations interviennent alors que l’Est du pays fait face à une recrudescence des violences et à l’expansion de l’AFC-M23, accentuant l’incertitude au sein de l’institution militaire.

