L’Alliance Fleuve Congo (AFC-M23) accuse les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et leurs alliés de mener des bombardements contre le village de Mikenge, situé dans la région de Minembwe, sur les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC.
Selon le coordonnateur adjoint du mouvement, Bertrand Bisimwa, ces frappes sont intervenues alors que les combattants de l’AFC-M23 se sont retirés de la ville d’Uvira.
« Depuis 6h38, la localité de Mikenge est sous bombardements des forces de la coalition du régime de Kinshasa », a-t-il affirmé dans une déclaration écrite.
Cette annonce intervient dans un contexte de recomposition rapide des forces sur le terrain. Jeudi, les combattants du groupe Twirwaneho, allié à l’AFC-M23, ont revendiqué la prise de contrôle de plusieurs localités des Hauts-Plateaux de Minembwe, notamment Kirungwa, Munanira et Munde. Ces avancées ont été signalées après le désengagement des militaires burundais et le repli des FARDC vers la ville de Baraka.
Les responsables de Twirwaneho ont, par ailleurs, appelé les populations civiles à la coexistence pacifique et au rejet du tribalisme, dans une région marquée par de profondes fractures communautaires.
De son côté, le gouvernement provincial du Sud-Kivu a fermement contesté, dans un communiqué officiel publié jeudi, l’annonce par l’AFC-M23 de son retrait d’Uvira. Les autorités provinciales dénoncent une « manœuvre de dissimulation » visant, selon elles, à réduire la pression internationale sans traduire un véritable désengagement militaire sur le terrain.
Pendant ce temps, la situation humanitaire continue de se détériorer rapidement. Dans la région d’Uvira, les acteurs humanitaires estiment désormais à près de 500 000 le nombre de personnes déplacées internes, fuyant les combats et l’insécurité persistante.
S’exprimant le 17 décembre sur France 24, le directeur adjoint par intérim du Programme alimentaire mondial (PAM) en RDC, Ollo Sib, a détaillé depuis Kinshasa la stratégie de réponse humanitaire destinée à venir en aide aux populations déplacées. Il a toutefois alerté sur un déficit critique de financement : l’agence onusienne a un besoin urgent de 350 millions de dollars américains pour assurer ses opérations au cours des six prochains mois.
La crise a également des répercussions régionales. Le gouvernement burundais a lancé un appel à la solidarité internationale face à l’afflux massif de réfugiés congolais. Selon les autorités de Bujumbura, 71 989 ressortissants congolais, auxquels s’ajoutent 8 700 Burundais rapatriés, ont franchi les frontières nationales depuis le 5 décembre, en date du 15 décembre, par différents points d’entrée.

