Le gouvernement provincial du Sud-Kivu conteste fermement l’annonce d’un retrait des forces de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, dénonçant une manœuvre de “dissimulation” visant à réduire la pression internationale, sans désengagement réel sur le terrain.
Dans un communiqué officiel publié jeudi, l’exécutif provincial souligne que les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des jeeps presque vides et des militaires qui se déplacent à pied vers les collines de Kashekebwe et les hauts plateaux d’Uvira pour rejoindre leurs alliés. Selon le communiqué :
“Le prétendu retrait vise à donner une illusion de retrait politique, sans désengagement militaire ou cessation des violences et des pillages.”
Le gouvernement provincial indique que certaines troupes, vues à la cité de Kiliba à 12 km d’Uvira, ont simplement revêtu des tenues civiles pour se fondre dans la population en attendant un nouvel assaut. Le communiqué ajoute :
“Leur retrait aux alentours de la cité de Kiliba aurait pour objectif de démonter la Sucrerie du Kivu et emporter toutes les machines au Rwanda, mettant à genou l’économie de la province.”
Sous la conduite du gouverneur Jean-Jacques Purusi Sadiki, l’administration provinciale appelle la communauté internationale, y compris l’ONU, l’Union africaine et l’Union européenne, à “intensifier leurs actions pour la protection des populations civiles, victimes innocentes de ces atrocités.”
Le gouvernement provincial insiste également sur la nécessité d’un retrait total et effectif des forces rwandaises et de leurs supplétifs, jusqu’aux positions cantonnées antérieures à Bunagana, conformément au droit international. Le communiqué souligne enfin la situation humanitaire critique des déplacés, dont certains sont bloqués depuis le 9 décembre dans des sites de transit au Burundi, et appelle à une assistance urgente.
Uvira, prise par l’AFC-M23 le 10 décembre dernier, reste sous haute tension. Bien que les troupes du mouvement aient annoncé leur départ sous médiation américaine le 17 décembre, le Sud-Kivu alerte sur le fait que “loin d’être un acte de bonne foi, cette annonce vise seulement à réduire la pression internationale.”
Le gouvernement provincial réaffirme son engagement : protection des civils, sauvegarde de l’intégrité territoriale et promotion de la paix dans toute la région.

