Le Burundi a officiellement lancé, mercredi 17 décembre 2025 à Bujumbura, un plan de réponse d’urgence destiné à faire face à l’afflux massif de réfugiés en provenance de la République démocratique du Congo. Cette initiative intervient alors que la dégradation rapide de la situation sécuritaire à l’est de la RDC pousse des dizaines de milliers de civils à chercher refuge de l’autre côté de la frontière.
Entre le 6 et le 16 décembre, plus de 76 000 Congolais ont été accueillis sur le territoire burundais, mettant à rude épreuve les capacités nationales d’accueil et de prise en charge. Conscient de l’ampleur du défi humanitaire, le gouvernement a réuni partenaires techniques et financiers, ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques afin de coordonner une réponse immédiate et structurée à cette crise régionale.
Les Nations Unies ont salué l’attitude du Burundi, qualifiée d’exemplaire en matière de solidarité et d’hospitalité. La représentante résidente de l’ONU a toutefois alerté sur l’ampleur des besoins, estimant à plus de 33 millions de dollars américains les ressources nécessaires pour garantir l’accès aux soins, à l’alimentation, à l’abri et à la protection des populations déplacées. Un appel pressant a été lancé à la communauté internationale pour un soutien financier rapide, jugé vital pour prévenir une détérioration de la situation humanitaire.
Du côté burundais, les autorités ont souligné les contraintes budgétaires auxquelles le pays fait face, cette urgence survenant à la clôture de l’exercice financier. Le ministre en charge des Affaires étrangères a néanmoins insisté sur la volonté du gouvernement de travailler étroitement avec l’ensemble des acteurs humanitaires afin de mutualiser les efforts et limiter les souffrances des réfugiés.
Les agences spécialisées, notamment le HCR, ont mis en garde contre des risques élevés liés à la surpopulation des sites existants, à la vulnérabilité sanitaire et aux besoins croissants en protection. La saturation des centres d’accueil rend indispensable l’ouverture rapide de nouveaux sites, condition essentielle pour assurer des conditions de vie dignes et sécurisées.
Dans ce contexte, le ministère de l’Intérieur a rappelé l’obligation de respecter le cadre juridique international relatif à la protection des réfugiés. Les autorités exigent que les réfugiés récemment arrivés et installés dans des ménages privés ou en location rejoignent sans délai les centres de transit officiels, où ils seront enregistrés et bénéficieront d’une assistance d’urgence avant leur transfert vers des camps situés loin de la frontière. L’administration territoriale et la police ont reçu instruction d’appliquer strictement cette mesure, toute défaillance étant passible de sanctions.

