Dans la nuit de lundi à mardi, Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), a été arrêté à son domicile dans des conditions jugées « inquiétantes » par sa formation politique.
Selon des sources internes au PPRD, vers 4 heures du matin, un groupe d’hommes armés, certains en uniforme de la Garde Républicaine, d’autres en civil, est arrivé à bord de six Jeeps et d’un minibus. Les assaillants ont brisé la porte vitrée principale du salon avant de se rendre dans la chambre de Shadary.
Sa femme a été rassurée que les arrestants « exécutaient un ordre sans intention de lui faire du mal ».
Le PPRD a dénoncé ces pratiques, les qualifiant de « méthodes dictatoriales » et appelant à la libération immédiate de Shadary. Aubin Minaku, vice-président du parti, a déclaré :
« En moins de 24 heures, le secrétaire permanent du PPRD a été arrêté et le siège du FCC perquisitionné. Ces méthodes fragilisent la cohésion nationale. Nous demandons des clarifications immédiates et le respect strict des droits fondamentaux. »
Aristote Ngarime, secrétaire national du PPRD en charge de la communication, a ajouté :
« Le camarade secrétaire permanent a été enlevé chez lui à 4h du matin pour une destination inconnue. Nous dénonçons cette pratique et exigeons sa libération immédiate. »
Cette arrestation intervient dans un climat politique déjà tendu en République démocratique du Congo.
Joseph Kabila, président du PPRD, est accusé par le régime de Kinshasa de connivence avec l’AFC-M23.
Le gouvernement congolais avait déjà suspendu les activités du parti de l’ancien président Joseph Kabila sur l’ensemble du territoire national.
En mars dernier, une dizaine de hauts cadres du PPRD, dont Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary et Ferdinand Kambere étaient attendus à l’auditorat militaire de Kinshasa/Gombe pour « éclairer la justice » sur des accusations de coalition avec l’AFC-M23.

