Dans un communiqué rendue public ce mercredi 10 décembre 2025, le Rwanda accuse l’armée congolaise et l’armée burundaise de violer régulièrement le cessez-le-feu, en procédant à des bombardements dans plusieurs régions de la province du Sud-Kivu.
Kigali déclare que la responsabilité des violations, des attaques en cours et des combats en province ne peut être imputée au Rwanda.
« Le Rwanda condamne l’Armée congolaise (FARDC) et l’Armée burundaise (FDNB), qui, avec leur coalition composée de milices génocidaires FDLR soutenues par la RDC, des Wazalendo et des mercenaires étrangers, bombardent systématiquement des villages civils proches de la frontière rwandaise à l’aide d’avions de chasse et de drones d’attaque. L’AFC/M23 affirme être contraint de contrer ces attaques », peut-on lire dans le communiqué.
Kigali accuse également le Bujumbura de lancer des missiles depuis le Burundi vers des zones peuplées du Sud-Kivu, entraînant un déplacement massif des populations.
« À la suite des bombardements de Kamanyola depuis le Burundi, plus de 1 000 citoyens congolais ont traversé la frontière pour se réfugier à Bugarama, dans le sud du Rwanda. L’Armée burundaise a massé près de 20 000 soldats dans le Sud-Kivu au service du gouvernement de la RDC, assiégeant les villages banyamulenge de Minembwe pour affamer les habitants », ajoute le communiqué.
Kigali souligne que la RDC a déclaré qu’elle n’observe aucun cessez-le-feu et qu’elle combat pour reprendre les territoires perdus au profit de l’AFC/M23, même si le processus de paix avance. Il est également mentionné que la communauté internationale n’a pas exigé la fin de ces attaques préparées par la RDC.
En outre, le communiqué souligne que le manquement de la RDC à neutraliser les FDLR, comme stipulé dans l’Accord de Paix de juin 2025, retarde la résolution du conflit dans l’Est de la RDC.
« Il est désormais clair que la RDC n’a jamais été prête à s’engager pour la paix, même si le Président Tshisekedi a participé à la cérémonie du 4 décembre, comme s’il avait été contraint de signer les Accords », conclut le texte.
Ces violations des accords constituent des obstacles sérieux à la paix, entraînant la souffrance persistante des populations de l’Est de la RDC et une menace sécuritaire pour la frontière occidentale du Rwanda.
« Un retour à la mise en œuvre complète des Accords de Washington constitue une priorité urgente, tout comme la conclusion des annexes restantes de l’Accord de Doha entre la RDC et l’AFC/M23 », conclut le communiqué.

