L’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) a tenu, mardi 9 décembre 2025, une conférence de presse au cours de laquelle son coordonnateur politique, Corneille Nangaa Yobelu, a dénoncé ce qu’il qualifie d’« inexistence d’un gouvernement responsable » en République démocratique du Congo.
Corneille Nangaa a accusé les forces gouvernementales et leurs alliés de « violations répétées du cessez-le-feu ».
Selon Corneille Nangaa, la situation sécuritaire dans le pays témoigne d’un « abandon total » des populations.
« Le peuple congolais se retrouve abandonné à son triste sort au point où tout observateur averti se demande s’il existe un gouvernement responsable », a-t-il déclaré.
Il a cité notamment les violences attribuées aux milices Mobondo dans le Kwango, aux groupes Codeco en Ituri, ainsi qu’à des gangs urbains à Kinshasa.
Le responsable du mouvement a affirmé que le gouvernement congolais a « violé à maintes reprises ses propres engagements » malgré la signature d’un cessez-le-feu sous médiation internationale.
Il a évoqué 31 violations majeures enregistrées entre juillet et novembre 2025, notamment des offensives menées, selon lui, par les FARDC et leurs alliés dans le Masisi, le Rutshuru, Uvira, Fizi et Lubero.
« Le régime irresponsable et illégitime de Kinshasa n’a jamais pris au sérieux ses engagements.
Il a multiplié les offensives armées », a martelé Nangaa, dénonçant un « choix politique délibéré de remettre le pays sur le chemin de la guerre ».
Le coordonnateur politique de l’AFC/M23 a également dénoncé un « blocus humanitaire » visant, selon lui, les populations de Minembwe.
« Les FARDC, les FDNB, les FDLR et les Wazalendo ont carrément créé un camp de concentration à Minembwe », a-t-il accusé, affirmant que les habitants y vivent « sans sel, sans sucre, sans savon, sans huile » depuis février 2025 et que plusieurs bombardements ont détruit des infrastructures civiles.

Il a cité notamment le bombardement du 30 juin 2025, au cours duquel « un avion humanitaire a été brûlé », ainsi que celui du 6 décembre qui aurait visé des femmes revenant du marché, entraînant « 4 morts et plus de 40 otages ».
Corneille Nangaa a également pointé du doigt le Burundi, qu’il accuse d’avoir « déployé des troupes sur le sol congolais » pour soutenir les forces de Kinshasa.
Selon lui, « les offensives observées sont coordonnées, méthodiques et proviennent de la commune de Rugombo, province de Cibitoke ». Il a affirmé détenir des « preuves documentées » montrant l’origine de ces attaques.
Le mouvement affirme maintenir une posture défensive mais prévient qu’il neutralisera « toute menace ».
« Lorsque l’ennemi frappe depuis de nouvelles positions, nous avons l’obligation de neutraliser à partir de la source cette menace », a expliqué Corneille Nangaa.
L’AFC/M23 appelle le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union africaine et plusieurs pays partenaires dont les États-Unis, le Qatar et le Togo à « prendre acte du refus obstiné de Kinshasa d’établir une zone tampon de sécurité », une proposition évoquée lors des discussions de Doha.
« Le régime Tshisekedi adopte une rhétorique et des méthodes rappelant tristement celles des FDLR et des Imbonerakure », a déclaré Nangaa, assurant que son mouvement reste « engagé pour la paix » mais « déterminé à protéger les populations ».
Ces déclarations surviennent dans un climat tendu au Sud-Kivu où l’AFC-M23 gagne du terrain dans la plaine de la Ruzizi. Le mouvement politico-militaire s’est emparé de Kaziba, à plus au moins 15km de la ville stratégique d’Uvira.
Pour sa part, Kinshasa accuse l’AFC-M23 de commettre des violations du cessez-le-feu.

