À l’approche des festivités de fin d’année, les taximen moto de Bunia tirent la sonnette d’alarme face à une montée préoccupante des vols et agressions nocturnes dont ils sont victimes. Plusieurs d’entre eux racontent des scènes traumatisantes vécues ces derniers jours, notamment lors des courses de nuit très prisées en décembre.
L’un des taximen, travaillant de nuit parmi les « ibuners », confie avoir échappé de justesse à une agression. Selon son témoignage, de faux clients l’ont sollicité pour une course vers le quartier Mont Fleury.
« C’était une mission bien planifiée. En descendant, deux hommes ont surgi. L’un avait une arme. Ils m’ont menacé en disant : soit tu donnes la moto, soit tu perds la vie. Je n’avais pas le choix », raconte-t-il encore sous le choc. Les assaillants ont finalement emporté sa moto avant de disparaître dans l’obscurité.
Un autre conducteur, également victime, décrit un mode opératoire similaire. Les agresseurs, souvent organisés en groupe, utilisent des appels téléphoniques pour attirer les taximen à des endroits isolés avant de les dépouiller. Certains se font passer pour des clients réguliers, d’autres pour des travailleurs sortant tard des hôpitaux ou des hôtels du centre-ville, afin de gagner la confiance du conducteur.
Les taximen, qui constituent un maillon essentiel du transport urbain à Bunia, affirment vivre désormais dans la peur permanente. « Nous travaillons pour faire vivre nos familles, mais les risques deviennent énormes. Les fêtes approchent, et les bandits profitent de cette période pour multiplier les attaques », déplore l’un d’eux.
Ils appellent les autorités policières et administratives à renforcer les patrouilles nocturnes, en particulier dans les quartiers réputés dangereux comme Mont Fleury, et à démanteler ces réseaux de voleurs qui ciblent les motos, principal outil de travail de milliers de jeunes dans la ville.
Suite à cette montée vertigineuse de l’insécurité à Bunia de nombreux conducteurs envisagent de réduire leurs activités nocturnes, craignant pour leur sécurité au moment même où la demande de transport devient la plus élevée de l’année.
Rachidi Kudra, depuis Bunia

