Tôt dans la matinée de ce dimanche, un bouclage strict a été imposé au site de déplacés de Kigonze, à Bunia, provoquant une forte tension parmi les familles installées dans cet espace humanitaire. Selon les forces de sécurité, cette opération fait suite à des soupçons d’infiltration d’éléments du CRP, le mouvement de Thomas Lubanga, au sein même du site.
Réagissant à cette situation, le député provincial Moïse Uzanga Wathum, élu du territoire de Djugu, a salué les efforts des services de sécurité, tout en exprimant ses préoccupations quant à la manière dont ces interventions sont menées dans les sites de déplacés.
« Nous aimons et appuyons le travail des forces de sécurité, mais il est important d’examiner comment ces opérations sont conduites dans les sites de déplacement. Il faut se demander si la méthode employée ne crée pas plus de traumatismes chez les déplacés », a-t-il déclaré lors d’une interview accordée à la presse.
L’élu de Djugu insiste sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de contrôle plus adaptés, associant les gestionnaires des sites, principalement les agences des Nations Unies, ainsi que les comités locaux déjà en place. Selon lui, ces structures disposent d’outils de suivi efficaces, notamment l’identification des ménages, la maîtrise du nombre de personnes vivant dans chaque foyer, ainsi que l’enregistrement des nouveaux arrivants ou sortants.
« Les Nations Unies ont déjà des stratégies permettant de gérer les mouvements au sein des sites. Il serait important que les agents de sécurité travaillent en coordination avec eux afin d’éviter des opérations brutales qui traumatisent les déplacés », a préconisé le député, soulignant que des arrestations récentes ont concerné des personnes présentées comme des déplacés, sans que la procédure soit toujours claire.
Moïse Uzanga Wathum plaide ainsi pour un cadre de collaboration renforcé entre le gouvernement, les services de sécurité, les gestionnaires onusiens et les comités internes du site, dans l’objectif d’assurer une protection efficace tout en préservant la dignité des populations vulnérables.
« Pour prévenir les désordres et les infiltrations, il faut adopter des mécanismes durables et humains. Les déplacés doivent être protégés, pas traumatisés », a-t-il conclu.
Rachidi Kudra, depuis Bunia

