Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a dénoncé, dans un communiqué, la restriction d’accès des acteurs humanitaires dans les hauts plateaux de Mwenga et Fizi.
OCHA déplore les agissements des groupes armés qui bloquent l’entrée des lots de médicaments dans ces zones, un blocus qui a poussé plusieurs agences humanitaires à se retirer. Le 5 novembre 2025, la communauté Banyamulenge et d’autres habitants avaient déjà manifesté pour dénoncer le siège imposé, selon eux, par l’armée burundaise et les FARDC, en coalition avec les miliciens wazalendo.
OCHA rappelle que ses analyses d’accès menées aux 2ᵉ et 3ᵉ trimestres 2025 montrent que l’accès à Minembwe, Itombwe et aux Hauts Plateaux est désormais « extrêmement limité, voire quasiment impossible ». Depuis janvier 2025, ces zones subissent une intensification des affrontements armés, marqués par des attaques contre les civils et le pillage de structures de santé par des groupes armés.
L’agence indique que depuis mai 2025, la région est soumise à un isolement quasi total. Les principaux axes logistiques, dont Fizi–Lusuku–Point Zéro–Mikenge–Minembwe, restent fermés en raison de la présence armée. Des restrictions sévères ont limité l’accès des commerçants et des humanitaires, entraînant le retrait de plusieurs ONG. En juin 2025, des lots de médicaments destinés aux zones de santé de Minembwe et Itombwe ont été bloqués à Mulima pendant près de deux mois.

Lors d’une mission conduite à Point Zéro en août 2025, les acteurs armés ont réaffirmé leur refus de laisser passer l’aide humanitaire.
OCHA demande aux parties en conflit de protéger les civils, de mettre fin aux attaques indiscriminées et de garantir un accès humanitaire sans entrave. Elle appelle à l’ouverture de passages sécurisés et à la protection du personnel humanitaire, des infrastructures et des biens médicaux.
Selon la Commission Mouvement de Population du Sud-Kivu, près de 172 000 personnes déplacées et retournées seraient actuellement enclavées et privées d’accès à l’aide essentielle dans la zone de santé de Minembwe.
Le système de santé est au bord de l’effondrement, avec une rupture prolongée de médicaments. À l’Hôpital Général de Référence de Minembwe, la situation est alarmante : entre juillet et septembre 2025, plus de 60 % des décès concernaient des enfants. La létalité de la malnutrition aiguë sévère atteint 29 %, selon les données médicales.
Le blocus a aussi provoqué une forte hausse des prix des produits de première nécessité : le kilo de sucre est passé de 5 000 FC en janvier à 30 000 FC en octobre 2025, et le sac de 25 kg de farine de manioc de 15 000 FC à 50 000 FC.

