5 jours après la signature de l’accord-cadre de Doha, l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a ravivé le débat politique et sécuritaire en RDC. Lors d’une conférence de presse le 20 novembre à Goma, le chef de délégation du mouvement, Benjamin Mbonimpa, s’est exprimé sur le désarmement et la place de l’AFC dans le processus de paix.
Réagissant aux interrogations sur une éventuelle obligation de désarmement, Mbonimpa a fermement rejeté cette hypothèse. « Comment est-ce que nous-mêmes allons-nous désarmer, alors que nous sommes acteurs dans le désarmement des milices locales et des groupes armés ? », a-t-il déclaré, rappelant l’implication de l’AFC dans la neutralisation de plusieurs factions armées dans l’est du pays.
Le chef de délégation a également évoqué les opérations de rapatriement déjà observées dans la région : « Vous avez constaté plusieurs fois le rapatriement des FDLR dans leur pays d’origine, le rapatriement de populations rwandaises… Nous ne faisons pas partie des personnes qui seront désarmées », a-t-il insisté.

Affirmant que l’AFC/M23 se présente comme un partenaire du processus de sortie de crise, Mbonimpa a conclu en réaffirmant la légitimité et la discipline de ses troupes : « Nous faisons partie de la matrice de la paix républicaine qui sera construite, parce que notre armée est disciplinée et professionnelle. »
Cette déclaration intervient dans un contexte de fortes attentes autour de la mise en œuvre de l’accord de Doha, censé ouvrir la voie à une désescalade durable dans l’est de la RDC. La manière dont les différentes parties interpréteront les obligations de l’accord dans les semaines à venir reste à suivre.
Vanessa Habanza

