En cette journée dédiée aux droits de l’enfant, la Coordination provinciale de l’Inspection nationale des droits de l’homme (INDH/Ituri) tire la sonnette d’alarme face à la situation critique des enfants vivant dans la rue à Bunia, Bogna et dans plusieurs autres localités de la province. Des centaines d’enfants restent abandonnés, sans accès à l’éducation, à la protection ou aux soins essentiels.
« Leur présence grandissante dans les rues constitue un risque sécuritaire et social majeur pour l’avenir de l’Ituri », déclare Kitwa Isaac Merveille, coordonnateur provincial de l’INDH/Ituri. Il souligne que l’absence de prise en charge expose ces enfants à l’exploitation, à la délinquance et à une vulnérabilité extrême.
Marie-Ange Kiza, défenseure des droits de l’enfant au sein de la société civile, avertit : « Si rien n’est fait dans les dix prochaines années, l’Ituri fera face à une montée inquiétante de la criminalité urbaine, nourrie par cette frange de mineurs livrés à l’abandon. »

Face à cette situation, l’INDH appelle le gouvernement provincial et national à mettre en place une politique d’encadrement urgente, visant la réinsertion, l’accompagnement psychologique, l’accès à l’éducation et la protection juridique de ces enfants. L’institution invite également la communauté internationale à soutenir ces efforts, conformément à la Convention internationale relative aux droits de l’enfant.
Pour Kitwa Isaac Merveille, « ce jour ne peut être dignement célébré tant que les droits de l’enfant continuent d’être bafoués chaque jour. Agissons maintenant, pour l’avenir du Congo et de l’Ituri en particulier. »
L’INDH espère voir se mobiliser l’ensemble des acteurs concernés afin d’offrir une réponse durable à ce phénomène qui s’aggrave dans plusieurs centres urbains de la province.
Rachidi Kudra, depuis Bunia

