Un capitaine des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a été tué dans la nuit du mercredi à jeudi 13 novembre 2025 lors d’une attaque surprise attribuée aux miliciens de la CRP, un groupe armé dirigé par Thomas Lubanga. L’incident s’est produit à Mabanga, dans le territoire de Djugu en Ituri.
Selon des sources locales, des assaillants ont surgi aux environs de 21 heures, pris pour cible une position militaire, puis se sont repliés en emportant l’arme de l’officier abattu. Cette attaque ravive les inquiétudes dans une région encore marquée par les violences de groupes armés malgré les efforts continus des forces loyalistes.
À la suite de ce drame, plusieurs acteurs locaux appellent la hiérarchie militaire à intensifier les opérations de ratissage afin d’éliminer les derniers bastions de la CRP dans les villages environnants. Ils saluent les progrès réalisés récemment par les FARDC sur l’axe du littoral du lac Albert, mais soulignent que des poches d’insécurité persistent, en particulier dans les zones aurifères du territoire de Djugu.
Ce vendredi, l’acteur politique Luc Malembe a fermement dénoncé la récente décision du ministère des Mines autorisant la reprise des activités semi-industrielles d’exploitation aurifère à Mabanga, Mbidjo, Dala, Pluto, Nizi et Iga-Barrière. Selon lui, cette mesure a été prise alors que les conditions sécuritaires ne sont pas encore réunies, alors même que l’or constitue une source majeure de financement pour des groupes armés tels que CODECO, Zaïre, MAPI ou la CRP.

Il rappelle qu’en 2023, il avait plaidé pour la suspension temporaire de ces activités jusqu’à la neutralisation complète des milices, une recommandation qui avait été suivie par le gouverneur militaire, ordonnant alors l’arrêt officiel de l’exploitation semi-industrielle.
Pour Luc Malembe, le retour de certains exploitants miniers cités dans des rapports du Groupe d’experts des Nations unies pour leurs liens présumés avec des groupes armés a contribué à réactiver des réseaux criminels qui étaient en voie de démantèlement.
« Autoriser la reprise de l’exploitation minière alors que des groupes armés sont encore actifs revient à les renforcer », déplore-t-il, estimant que la mort de l’officier FARDC est l’une des conséquences directes d’une décision prise dans la précipitation, sans concertation ni garanties sécuritaires.
Pour l’instant, aucune communication officielle n’a encore été faite concernant cet incident.
Alors que la région semblait se diriger vers une stabilité progressive, cette attaque remet en cause la cohérence entre décisions sécuritaires et orientations sectorielles. Plusieurs acteurs redoutent désormais une nouvelle flambée de violences dans ce territoire riche en or, où les avancées obtenues ces derniers mois pourraient être mises à mal.
Rachidi Kudra, depuis Bunia

