La Société civile du territoire de Fizi alerte sur la détérioration rapide de la situation humanitaire dans les territoires de Fizi et Mwenga, suite aux affrontements armés survenus entre le 4 et le 7 novembre 2025. Dans une note adressée au gouvernement congolais et à ses partenaires, le Bureau de coordination appelle à une intervention urgente pour venir en aide à des milliers de civils déplacés.
Les combats ont opposé les groupes armés Twirwaneho/AFC-M23 aux Forces armées de la RDC (FARDC), soutenues par des milices locales Wazalendo et des éléments burundais FDNB. Les affrontements ont touché les villages de Tuwe Tuwe, Kitasha, Ngezi, Bilalo-Mbili et Point Zéro, provoquant des destructions d’habitations, le pillage de bétail et la saccage d’infrastructures sociales et sanitaires.
« A titre illustratif, le village de Ngezi a été complètement dévasté par les belligérants au conflit. Le centre de santé de Tuwe Tuwe, dans la zone de santé d’Itombwe, a été complètement dépouillé de ses matériels importants dont les médicaments et les lits. Au moins 552 ménages, soit environ 3 452 personnes, ont été déplacés vers les villages voisins, craignant d’être persécutés », indique la note.
Les déplacés se trouvent dans les villages de Bikyaka, Anunga, Kanguli, Bilende, Mulima, Abala, Point Zéro et le massif d’Itombwe.

Depuis plusieurs mois, la localité de Madegu/Minembwe-Centre est occupée par les rebelles Twirwaneho/AFC-M23.
La population, privée d’assistance humanitaire depuis mars 2025, souffre d’une malnutrition croissante, touchant particulièrement les femmes enceintes et les enfants.
La société civile dénonce une double victimisation : les civils sont accusés de collaborer avec l’un ou l’autre camp, alors qu’ils sont pris en otage par les forces en présence. Cette situation mine la confiance entre la population, les autorités et les groupes armés, compliquant toute perspective de paix et d’assistance humanitaire.
Face à cette urgence, l’organisation plaide pour la création d’un couloir humanitaire sécurisé : « La mise en place de ce couloir est une nécessité très urgente pour sauver des vies humaines et faire respecter les droits humains et le droit international humanitaire ».
Le Bureau de coordination de la société civile de Fizi alerte également sur les violations des droits humains et le non-respect des engagements pris dans les processus de paix en cours, notamment à Doha et aux États-Unis. Selon l’organisation, ce manquement risque d’aggraver la crise sécuritaire et de compromettre durablement la stabilité de la région.
Vanessa Habanza

