L’ONG Focus Droits et Accès a organisé ce mercredi 5 novembre 2025 à Goma un dialogue communautaire avec les leaders religieux, chefs coutumiers, différentes associations féminines de défense des droits humains et des jeunes militants.
L’objectif était de renforcer la promotion et la protection des droits des femmes dans les communautés de la capitale du Nord-Kivu, en déconstruisant les récits patriarcaux et en suscitant des engagements collectifs en faveur de l’égalité de genre.
Durant ces assises, les participants ont identifié et analysé les normes, pratiques et croyances patriarcales qui entravent l’autonomisation des femmes au niveau communautaire, comme l’a expliqué Chancy Tshibwere, cheffe de ce projet au sein de l’ONG FDA.
« Actuellement, il y a plusieurs avancées en rapport avec les droits humains des femmes. La RDC fait partie et a déjà adhéré aux différents textes, comme le protocole de Maputo, différentes conventions pour la promotion des droits de la femme, la résolution 1325… Nous avons sensibilisé les participants aux instruments internationaux et nationaux relatifs aux droits des femmes afin d’arriver à une meilleure compréhension des normes patriarcales et de leur impact sur les droits et la sécurité des femmes », a indiqué Madame Chancy Tshibwere.
Le chef de groupement Kibati, qui a participé à ces assises, a reconnu que ces pratiques patriarcales existent dans sa juridiction et s’est engagé à combattre l’inégalité sociale dans sa communauté.

« En notre qualité, grâce à ces échanges, nous allons désormais nous impliquer afin de bannir les mauvaises coutumes dans notre juridiction et donner aussi place à la femme pour qu’elle soit considérée et qu’elle accède aux postes de décision, surtout que, au niveau coutumier, il y a trop de recul en cette matière », a souligné Bukoko Chadrack, chef coutumier du groupement Kibati, en territoire de Nyiragongo.
Pour sa part, le Révérend Kuhanda Rogers, président de l’Association provinciale des Églises de Réveil au Nord-Kivu, a affirmé que les récits patriarcaux n’ont pas de place dans sa communauté. Tout en reconnaissant un faible taux de participation des femmes dans l’évangélisation, il les encourage à donner le meilleur d’elles-mêmes.
« Il est vrai que le taux de participation des femmes dans la gestion est faible. J’estime que la femme représente 30% sur 70% en termes d’occupation de postes de décision dans nos églises. J’encourage celles qui sont disposées. Le travail que nous faisons est spirituel, alors tout dépend de l’appel, de la personnalité et de la capacité de toute personne qui va l’exercer. Chez nous, tout le monde a la chance de travailler, que ce soit une femme ou un homme », a souligné le Révérend Kuhanda Rogers.
En table ronde, les discussions ont été participatives pour favoriser des échanges interactifs et inclusifs entre les participants issus de différents secteurs.
Durant ces assises, les participants ont pris l’engagement de renforcer et de promouvoir les droits humains dans leurs communautés respectives.

