L’opposition congolaise s’est réunie mardi 14 octobre à Nairobi autour de l’ancien président Joseph Kabila, dans le cadre d’une recomposition politique en République démocratique du Congo.
Plusieurs figures influentes, dont Augustin Matata Ponyo, Raymond Tshibanda, Franck Diongo et Moïse Nyarugabo, ont pris part à ce forum présenté comme un « rassemblement pour la voix du peuple ».
Devant la presse, Augustin Matata Ponyo, ancien Premier ministre, a justifié sa participation en affirmant que l’union de l’opposition répondait à une attente populaire.
« C’était une évidence, aujourd’hui tout le peuple congolais demande que l’opposition se réunisse. Tout le peuple congolais demande que ces revendications soient exprimées à travers une voix, celle du peuple. Et la voix du peuple, c’est celle de l’opposition », a-t-il déclaré.
Il a également estimé que la démocratie congolaise ne saurait se réduire à une pensée unique.
« En pleine démocratie, il n’y a pas unanimité. L’unanimité n’existe pas. La démocratie, c’est la loi du grand nombre, et le grand nombre est ici. Le peuple se retrouve au travers du grand nombre », a insisté Matata Ponyo.

De son côté, Raymond Tshibanda, coordonnateur de la cellule de crise du Front Commun pour le Congo (FCC), a critiqué le refus du président Félix Tshisekedi d’ouvrir un dialogue avec l’opposition.
« Nous sommes des hommes de dialogue, mais nous ne sommes pas disposés à participer à n’importe quel dialogue. Ce dont parle M. Tshilombo n’est pas un dialogue, mais un monologue. Il veut que tout le monde pense comme lui, et c’est là la condition sine qua non pour prendre part à son soi-disant dialogue », a-t-il affirmé.
Un communiqué final sera publié ce mercredi à la clôture du conclave de l’opposition initié par Joseph Kabila à Nairobi. Cette rencontre de Nairobi intervient deux semaines après la condamnation à mort de Joseph Kabila par la Haute Cour militaire de Kinshasa, une décision que ses partisans jugent politique. Elle ravive les tensions entre le camp de l’ancien président et celui de Félix Tshisekedi, dans un climat national déjà fragilisé par la guerre à l’Est et la méfiance croissante entre institutions.

