La République démocratique du Congo (RDC) a décidé de ne pas valider le Cadre d’intégration économique régionale (CIER) avec le Rwanda lors des discussions tenues le 8 octobre 2025 à Washington, sous l’égide des États-Unis.
Selon Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, cette décision reflète la priorité accordée par le président Félix Tshisekedi à la stabilité avant le développement économique. Il a rappelé que la RDC ne peut envisager une coopération régionale tant que la sécurité et la paix ne sont pas pleinement restaurées dans l’Est du pays.
Le gouvernement exige en premier lieu le retrait des forces rwandaises déployées sur le territoire congolais ainsi que la cessation de tout soutien au M23, actif dans le Nord-Kivu.
L’accord de Washington visait à instaurer un cadre de coopération dans les secteurs minier, énergétique, industriel et infrastructurel, s’inscrivant dans le prolongement du processus de paix de Doha, supervisé par le Qatar.
Sur le terrain, les affrontements persistent. Les Forces armées de la RDC (FARDC) continuent de se heurter aux rebelles du M23, soutenus par Kigali.

« Depuis le 27 juin, nos négociateurs à Washington ont pris la position de ne pas signer l’accord. Cela ne signifie pas que tout le travail tombe à l’eau, mais qu’il pourra être appliqué ultérieurement, lorsque les conditions d’un retour à la paix seront réunies », a précisé Patrick Muyaya.
Du côté rwandais, le ministre des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, conteste ces allégations, affirmant que les questions de sécurité doivent être traitées via le Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité, déjà mis en place entre les deux pays.
Le gouvernement congolais insiste sur le fait que ce refus n’est pas un recul, mais une décision stratégique et cohérente. Patrick Muyaya a rappelé que le travail accompli à Washington reste valable, mais qu’il ne pourra être appliqué que lorsque la paix durable sera rétablie, notamment par le retrait des troupes étrangères rwandaises et la stabilisation de l’Est.
En conclusion, Kinshasa maintient sa ligne : aucune coopération économique avec Kigali ne sera possible tant que l’Est du pays ne sera pas sécurisé et pacifié.

