À la suite d’une requête formulée par les avocats de l’État congolais, par la voix de Me Richard Bondo, la Cour a suspendu son jugement pour entendre de nouveaux éléments.
Me Bondo, avocat de la RDC, a annoncé que la partie civile souhaite faire témoigner trois personnes pour retracer les personnalités et les comptes bancaires impliqués dans le financement de l’AFC/M23 par Kabila, ainsi que « la réalité d’un étranger » ayant dirigé le pays pendant 18 ans.
La Haute cour militaire a ainsi décidé de suspendre son verdict et de rouvrir les débats dans le dossier judiciaire visant l’ancien président congolais Joseph Kabila Kabange, ce vendredi 12 septembre 2025 à Kinshasa.
Au cours de l’audience de ce vendredi, les avocats de la République démocratique du Congo ont également annoncé leur intention de revaloriser le montant réclamé au titre de réparation, désormais fixé à 30 milliards de dollars, contre 24 milliards initialement sollicités.
Depuis son début, la procédure se déroule en l’absence de l’accusé, le sénateur à vie Joseph Kabila, qui est poursuivi pour des faits jugés lourds, dont l’atteinte à la sûreté de l’État, la complicité d’insurrection avec l’AFC/M23, la conspiration et la propagande terroriste.

L’action judiciaire a été enclenchée à la suite d’une instruction de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, actuellement aux arrêts pour tentative de détournement de fonds publics, et validée par un vote du Sénat autorisant les poursuites.
Le camp de l’ancien chef de l’État rejette fermement ces accusations, les qualifiant de règlement de comptes politique.
Ses proches estiment qu’il s’agit d’une stratégie destinée à neutraliser une figure influente de l’opposition. Son parti, le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), parle d’une mascarade.
Son secrétaire permanent, Emmanuel Ramazani Shadary, accuse les autorités de poursuivre l’élimination d’un adversaire politique plutôt qu’un effort sincère de réconciliation nationale.
La juridiction militaire a fixé la prochaine audience au 19 septembre 2025.
Ce rendez-vous judiciaire sera déterminant pour savoir si les trois nouveaux témoins annoncés et sollicités par la partie civile auront un impact sur l’évolution de ce dossier hautement sensible. Dans l’attente, le procès Kabila continue d’alimenter les soupçons entre recherche de justice et calculs politiques.

