Dans l’Est de la RDC, le général Olivier Gasita a quitté Uvira, chef-lieu du Sud-Kivu, pour Bujumbura, capitale du Burundi, à 3h du matin, le 9 septembre 2025. Son départ, signalé par des sources sécuritaires à Kivumorningpost, intervient après des contestations des Wazalendo et d’un groupe de la société civile. Il a ensuite pris un vol pour Kinshasa le même jour.
Les manifestations du 8 septembre, organisées par des groupes de la société civile et soutenues par le mouvement Wazalendo, ont été marquées par des affrontements entre les manifestants et les forces armées de la RDC (FARDC). Le bilan est tragique : selon la société civile, au moins sept personnes ont perdu la vie, tandis que l’armée n’admet qu’un mort et neuf blessés. L’incident a atteint son paroxysme à la fin de la marche, avec un total de dix blessés confirmés par l’hôtel de ville.
Dans un point de presse animé par Bernard Tondo, porte-parole de Wazalendo, le 9 septembre, il a dressé un bilan de 12 morts et plus de 14 blessés parmi les manifestants. Le porte-parole accuse le général Gasita d’avoir commandité l’assassinat des manifestants par des militaires des FARDC.
Le maire intérimaire, Kifara Kapenda Kik’y, a visité plusieurs hôpitaux mardi pour évaluer la situation des blessés. À l’Hôpital Militaire de Garnison de Kimanga, il a rencontré trois blessés, dont deux soldats et un civil. À l’Hôpital Général de Référence d’Uvira, sept blessés ont été admis, dont deux dans un état critique. Le directeur de cet hôpital, Dr Salomon Mashupe, a également confirmé la présence du corps sans vie d’un enfant à la morgue.

En réponse à cette crise, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a annoncé qu’une équipe gouvernementale sera envoyée à Uvira pour trouver une solution durable à la crise sécuritaire. Cette décision a été prise lors d’une réunion interinstitutionnelle présidée par le président Félix Tshisekedi, rassemblant des figures clés des institutions, dont la Première ministre Judith Suminwa et le président du Conseil supérieur de la magistrature, Dieudonné Kamuleta.
Parallèlement, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a appelé au calme et a annoncé qu’une mission de très haut niveau se rendra bientôt sur place. Les derniers rapports indiquent que le calme est revenu à Uvira et que les activités socio-économiques ont repris, bien que l’ombre des récents événements demeure.
Les Wazalendo accusent le général de brigade Olivier Gasita, de la communauté tutsi munyamulenge, de collusion avec l’AFC-M23 et d’être proche du Rwanda. L’armée congolaise a rejeté ces accusations, affirmant que le général Gasita n’a jamais été cité dans un dossier de trahison et qu’il a été nommé par le président Félix Tshisekedi comme commandant second chargé des opérations et renseignements au sein de la 33e région avant la chute de Goma et Bukavu dans les mains de l’AFC-M23.

