À Uvira, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu, la situation demeure tendue suite à la récente nomination par le président Félix Tshisekedi du général Gasita Olivier à la tête de la supervision des renseignements dans la 33ᵉ région militaire. Cette décision a suscité une opposition farouche des milices Wazalendo et d’autres groupes de pression locaux.
« Ici à Uvira, nous refusons ce désordre de nous envoyer des visages étrangers, des personnes qui ne ressemblent pas aux Congolais. S’ils ont leurs commandants rwandais, nous ne les accepterons pas ici à Uvira, » a déclaré le général Muzalendo Makanaki Kasimbira, dans une vidéo virale, dénonçant le général Gasita.
Les forces vives de la région, unies aux Wazalendo, ont appelé à des journées de villes mortes pour exiger le remplacement, voire le départ, du général Gasita. Ce dernier, originaire de la communauté Munyamulenge, est accusé d’avoir abandonné des fronts au Sud-Kivu aux mains des M23-AFC, une rébellion qui contrôle une partie significative de la province. Les Wazalendo dénoncent également ses liens présumés avec ce groupe armé.
Dans un communiqué publié le 4 septembre, la mairie d’Uvira a exprimé son « regret » face à cette contestation. L’hôtel de ville souligne la nécessité de respecter les décisions du président Tshisekedi, commandant suprême des forces armées. L’officier est soupçonné d’agir comme un agent double, ce qui exacerbe les tensions dans une région déjà fragilisée.

Le maire par intérim d’Uvira a déclaré :
« C’est avec regret que nous constatons deux jours de perturbation des activités dans la ville d’Uvira, suite à la contestation d’une décision du Chef suprême, Président de la République Félix Tshisekedi Tshilombo, et ceci sans entrer en contact préalable avec l’Autorité locale. »
Il a appelé les organisateurs de la contestation à une réunion d’urgence, ce vendredi 5 septembre, insistant sur l’importance de privilégier le dialogue pour le bien de la population d’Uvira.
Depuis lundi, les activités socio-économiques à Uvira sont paralysées. Écoles et commerces, notamment dans le centre commercial de Mulongwe, restent fermés.
Cette crise survient après des affrontements entre les Wazalendo et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) à la mi-août, déclenchés par l’arrivée d’une délégation banyamulenge en provenance du Burundi pour les obsèques du colonel Patrick Gesore, décédé dans un accident d’avion. Ces événements tragiques ont coûté la vie à au moins six personnes.
Le 4 septembre, l’AFC-M23 a également dénoncé une prétendue campagne de haine et a qualifié la situation d’épuration ethnique à Uvira. Le groupe a menacé d’intervenir pour protéger les populations civiles banyamulenge en détresse, accentuant ainsi le climat d’anxiété et de méfiance dans la région.

