L’ancien sénateur congolais Me Moïse Nyarugabo a dénoncé ce lundi ce qu’il décrit comme un “plan d’extermination” de la communauté banyamulenge dans les Hauts-Plateaux d’Uvira, Fizi et Mwenga, dans le Sud-Kivu, dans l’est de la RDC. Lors d’un point de presse qu’il a animé ce premier septembre à Goma, Moïse Nyarugabo accuse les forces armées de la RDC, l’armée burundaise et des groupes armés locaux de “coordination” dans les attaques contre cette communauté.
“Depuis quelques mois, nous assistons à un acharnement meurtrier sur Minembwe et tous les Hauts-Plateaux, avec une violence d’une intensité singulière qui va au-delà de la simple volonté de tuer, mais une véritable obstination à exterminer”, a déclaré Me Nyarugabo lors d’une conférence de presse tenue à Goma.
Selon lui, “depuis 2017, la région des Hauts-Plateaux est en proie à une guerre particulière”, menée par des milices locales (Babembe, Bafulero et Banyindu) coalisées avec les FDLR, et “avec la complicité des FARDC”. Il affirme que plus de 400 villages ont été détruits, qu’un demi-million de vaches ont été razziées et que “80 % de la population Banyamulenge est aujourd’hui déplacée ou réfugiée”.
Me Nyarugabo accuse également l’armée burundaise d’avoir déployé “entre 12 et 15 bataillons, soit environ 10 000 hommes” dans la zone, occupant “au moins 58 positions militaires” dans différents villages des Hauts et Moyens Plateaux.
“Tout celui qui veut vérifier n’a qu’à faire un tour dans les villages cités : les camps de l’armée burundaise sont visibles, avec des trous de fusiliers tout autour”, a-t-il insisté.

Il dénonce en outre l’usage “disproportionné” de drones dans les bombardements récents sur Minembwe et ses environs.
“La nuit du 27 au 28 août, des drones ont bombardé le village de Rugezi, faisant des victimes civiles. Le 29 août, trois villages ont été touchés. Et le 31 août, une frappe sur un camp des FARDC à Karunga a fait plusieurs victimes, dont un major”, a-t-il énuméré, accusant Kinshasa et Bujumbura de cibler prioritairement cette zone.
“Quelle peut être la raison de ce déchaînement de violence si ce n’est celle d’en finir avec le plan d’extermination des Banyamulenge ?”, a interrogé le juriste.
Dans son intervention, il a lancé un appel aux autorités de Kinshasa : “Je demande au gouvernement de la République Démocratique du Congo d’arrêter avec l’exécution de ce plan macabre visant l’extermination des Banyamulenge. Vous allez faire des victimes, certes, mais ce peuple survivra.”
S’adressant au Burundi, il a prévenu : “Ne mouillez pas l’histoire de votre pays et de votre peuple du sang des Banyamulenge. Ce sang va crier toujours fort.”
Enfin, il a interpellé la communauté internationale, accusée d’inaction : “Depuis avril 2017 jusqu’à ce jour, vous avez fermé les yeux. Si vous continuez, la tâche de ce sang entachera votre conscience.”

