À l’ouest de Goma, la rentrée scolaire se prépare dans un climat de privations. Dans les quartiers Ndosho et Mugunga, les familles comptent leurs enfants, non pas pour calculer leur avenir, mais pour évaluer combien pourront franchir les portes de l’école ce lundi 1er septembre.
Une équipe du Kivu Morning Post s’est rendue auprès de cinq ménages symboliques de cette réalité.
Chez Chantale Makaza, mère courageuse, chaque cahier remis représente un fragment d’espoir dans une maison où l’avenir s’écrit souvent avec la faim.
Bazi Sebisago, père de neuf enfants, confie avec une voix tremblante :
« Je ne dors plus… comment acheter les uniformes alors que le peu que j’ai part dans la nourriture ? »

À quelques rues de là, Banga Kalinda, entouré de huit enfants, décrit une bataille quotidienne :
« La guerre nous a appauvris, mais elle n’a pas éteint notre foi en l’école. Nous vivons pour qu’ils étudient. »
Pour Munihire Hwanitse, père de dix enfants, chaque rentrée scolaire ressemble à un fardeau sans fin, et pourtant, il refuse de capituler. Enfin, Tuyishime David, qui élève six enfants, résume d’une phrase la conviction de beaucoup :
« L’école reste la seule clef que la guerre ne nous a pas encore volée. »
Dans leurs gibecières, les journalistes de Kivu Morning Post ont apporté quelques cahiers et stylos. Un geste modeste, presque dérisoire face à l’ampleur des besoins, mais qui a suffi à illuminer les visages d’enfants impatients de reprendre le chemin de l’école.
Pour nombre de parents, la crise économique, aggravée par la guerre et la fermeture de banques, a transformé la rentrée en une véritable épreuve. Mais dans cette adversité, chaque cahier, chaque uniforme, chaque pas vers l’école devient un acte de résistance.
Car à Goma, malgré le fracas des armes, malgré la misère, l’éducation reste la ligne d’horizon que les familles refusent d’effacer.

