Le journaliste congolais Pero Luwara, en exil en Belgique, a été victime d’une agression physique dans la soirée du 27 août 2025 dans la région de Bruxelles. Selon ses proches, huit individus non identifiés l’auraient pris pour cible après l’avoir suivi pendant plusieurs semaines.
De son vrai nom Claude Pero Luwara, il a bâti sa carrière à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, où il a collaboré avec divers médias avant de quitter le pays en raison de ses critiques acerbes à l’encontre du pouvoir en place. Hier soir, à Bruxelles, Pero Luwara a été sauvagement tabassé par un groupe de huit personnes, soupçonnées d’être liées au régime congolais.
« Je tiens à vous informer des événements qui ont eu lieu à l’encontre de notre confrère, le journaliste Pero Luwara. Il a été victime d’une agression de la part de 8 individus recrutés par le pouvoir pour le supprimer physiquement. Sa tête a été touchée, et il se trouve actuellement à l’hôpital pour recevoir des soins, afin de nous revenir dès que possible. Deux personnes ont été retenues et sont actuellement en train d’être interrogées par les forces de l’ordre », a déclaré la journaliste Bibi Kapinga, proche de Pero Luwara.
Pour sa part, Jean-Jacques Mamba, député national honoraire du parti politique MLC de Jean-Pierre Bemba, s’est dit consterné en apprenant l’agression de Pero Luwara. Cet ancien député a aussi accusé Kinshasa d’être impliqué dans cette affaire.

« Je condamne avec fermeté l’agression du compatriote Pero Luwara par 8 énergumènes en Belgique. Monsieur Tshisekedi et son entourage devraient davantage s’inspirer de l’histoire de la fin de tous les tyrans. Après 7 années d’exercice de pouvoir, nous serions en train de parler de progrès, d’infrastructures, d’urbanisation et de modernisation, de croissance économique hors-mine. Mais hélas, le docteur Tshisekedi descend aux enfers, il ne maîtrise plus rien et désormais fait recours aux méthodes de fin de règne », a martelé sur son compte le député honoraire Jean-Jacques Mamba.
L’ancien journaliste de Digital Congo s’était récemment attaqué à Félix Tshisekedi et à son entourage, entraînant une réaction immédiate du camp présidentiel, ainsi que des condamnations de la part du porte-parole du gouvernement. En conséquence, le responsable de CPL TV a vu sa carte de presse retirée par l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC).
Pero Luwara avait également été contraint à la clandestinité après avoir diffusé une émission sur sa chaîne, où il critiquait vivement le régime actuel, s’en prenant parfois avec virulence au Président de la République. Cette situation avait été condamnée par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, notamment le 3 mai 2022, lors de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
En exil en Europe depuis près de quatre ans, Pero Luwara a subi cette agression physique, soulevant des questions sur un éventuel lien avec ses antécédents de conflit avec le régime congolais. Cette interrogation demeure pour l’instant sans réponse, mais elle illustre les dangers auxquels sont confrontés les journalistes qui osent défier le pouvoir.
Malgré toutes ces accusations impliquant le régime actuel dans cette affaire d’agression du journaliste Pero Luwara, Kinshasa n’a pas encore donné sa position.

