Depuis environ cinq mois, les militaires ougandais de l’UPDF ont étendu leurs zones d’action, notamment d’Irumu à Djugu et Mahagi. Selon les communications officielles, cela vise à traquer les groupes armés réfractaires au processus de paix en Ituri. Cependant, une déficience dans la coordination semble se constater, selon plusieurs observateurs.
Malgré cette communication, certains leaders d’opinion doutent de la crédibilité des relations entre l’Ouganda et la RDC. Umurambe Mungunuti, leader des jeunes à Bunia, déplore l’absurdité des opérations de la force conjointe FARDC-UPDF. Dans une lettre adressée aux parlementaires de l’Ituri, il appelle à éclaircir les zones d’ombre de cette mutualisation des forces.
« Avez-vous eu le temps d’interroger le gouvernement de la République sur le paradoxe que représente ce partenariat ? Avez-vous conscience du danger sécuritaire que cela représente dans le cas où l’Ouganda serait en train d’avoir un jeu à double face, surtout lorsque les peuples ituriens regardent son armée (FARDC) traquer seule les éléments CRP ? Quelle est votre lecture sur ces zones d’ombre dans cette collaboration ? »
D’après plusieurs observateurs, les militaires ougandais semblent focaliser leurs efforts contre les miliciens de la CODECO, tandis que les FARDC se concentrent sur les mouvements CRP. Cette situation pousse l’opinion à s’interroger sur la nature de la collaboration entre ces deux forces.
Daniel Banio, sénateur élu de la province de l’Ituri, appelle les deux forces à éviter les tendances identitaires et à travailler conjointement contre tous les groupes armés réfractaires au processus de paix.

« Ici, on n’est pas venus pour sélectionner. Le chef de l’État a voulu que les militaires ougandais viennent nous secourir, ce n’est pas pour choisir qui attaquer et qui laisser. C’est pour neutraliser tous les groupes armés. Dans leurs opérations, il y a des objectifs bien définis qu’ils doivent mettre en application. On ne vient pas ici défendre soit ton frère, non non! UPDF doit bien collaborer avec les FARDC, on doit leur rappeler leur mission, c’est aussi notre rôle, » a déclaré le sénateur Daniel Banio sur kivumorningpost.com.
Malgré la présence renforcée des militaires FARDC et ougandais dans plusieurs localités du territoire de Djugu, la tension demeure persistante, caractérisée par des attaques de la milice CODECO contre les civils et par des affrontements entre les FARDC et le CRP.
Depuis près de 4 ans, l’armée congolaise et l’armée ougandaise ont lancé l’opération « Shujaa » dans l’Est de la RDC pour neutraliser le mouvement terroriste de l’ADF. Cependant, les attaques de l’ADF continuent de faire des victimes parmi la population civile, notamment dans les territoires de Beni et Lubero au Nord-Kivu, ainsi qu’à Mambasa en Ituri.
Bien que l’opération conjointe FARDC-UPDF ait été étendue à d’autres territoires, tels que Djugu et Irumu en Ituri, pour lutter contre d’autres milices comme la Codeco, l’activisme persistant des groupes armés et les massacres de civils soulèvent des questions sur l’efficacité de cette initiative.

