L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a rejeté mercredi 20 août les accusations formulées par l’ONG américaine Human Rights Watch (HRW), qui l’accuse d’avoir exécuté sommairement plus de 140 civils, majoritairement hutu, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans son rapport publié le même jour, HRW évoque “l’une des pires atrocités commises par le M23 depuis sa résurgence fin 2021”. L’organisation affirme que le mouvement politico-militaire, soutenu par le Rwanda selon le rapport, aurait tué des civils dans au moins 14 villages du territoire de Rutshuru, à proximité du parc national des Virunga.
Plusieurs témoignages de survivants décrivent des exécutions collectives et des enterrements forcés, suscitant, selon HRW, de “graves préoccupations de nettoyage ethnique”.
Dans un communiqué signé par son porte-parole, Lawrence Kanyuka, l’AFC/M23 dénonce “un rapport diffamatoire, infondé et politiquement motivé”.
Le mouvement estime que HRW a fondé ses accusations sur “des témoignages téléphoniques non vérifiés” et “des images satellites interprétées de manière fallacieuse”, sans enquête de terrain.
« Cette prétendue enquête n’est rien d’autre qu’une collecte de ragots orchestrée par des extrémistes liés au régime kakistocratique de Kinshasa », affirme le texte, qui accuse HRW de “malhonnêteté intellectuelle” et de “biais narratif”.

L’AFC/M23 reproche à HRW d’avoir volontairement ignoré l’implication possible d’autres groupes armés actifs dans la zone, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les milices Nyatura, PARECO et les Wazalendo.
« Ces forces coalisées du régime de Kinshasa sont pourtant responsables de graves exactions contre les civils, documentées dans d’autres rapports, y compris par HRW lui-même », souligne le mouvement.
Selon lui, l’ONG aurait choisi de “fermer les yeux” sur ces acteurs pour “servir la propagande du régime de Kinshasa” et détourner l’attention de ses “échecs militaires et crimes contre l’humanité”.
Ces accusations croisées interviennent alors que la province du Nord-Kivu demeure en proie à des violences intenses entre le M23 et les forces armées congolaises (FARDC), appuyées par des groupes armés locaux.
Début août, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme avait déjà imputé au M23 la mort de 319 civils dans le même secteur. Un rapport qui a été rejeté d’un revers de la main par le coordonnateur adjoint de l’AFC/M23 lors d’une conférence de presse à Goma.
Pour sa part, l’AFC/M23 continue d’affirmer qu’elle mène une “lutte légitime de libération” et accuse Kinshasa de multiplier les violations du cessez-le-feu prévu dans la Déclaration de Principes de Doha.

