La population du groupement de Bukombo, dans le territoire de Rutshuru, est confrontée à une crise sanitaire silencieuse mais alarmante, notamment dans la localité de Karambi/Kyahemba.
L’aire de santé de Mushebere, unique structure médicale de proximité pour des milliers d’habitants, fonctionne depuis plus de cinq ans sans médicaments essentiels.
Selon Ahadi UWIHOREYE Pitié, infirmier titulaire de l’aire de santé, la situation n’a cessé de se dégrader.
« Nous travaillons dans des conditions très difficiles. Aujourd’hui, nous n’avons presque plus rien pour soigner les malades. Il ne nous reste que quelques comprimés de paracétamol. C’est inadmissible », explique Ahadi UWIHOREYE Pitié.
Ce professionnel de santé a déploré, ce 6 août 2025, le silence persistant des organisations humanitaires qui, selon lui, ont complètement abandonné cette partie du territoire.

« Cela fait des années que nous n’avons reçu aucun appui en médicaments. La population est laissée à elle-même. Quand un cas nécessite une prise en charge sérieuse, nous sommes obligés de référer les patients à Mweso, ce qui implique de longues distances, parfois à pied, et des coûts que beaucoup ne peuvent pas supporter », ajoute-t-il.
Les habitants de Mushebere se retrouvent ainsi pris en étau entre l’insécurité persistante, l’isolement géographique et une offre de soins quasi inexistante.
Plusieurs familles rapportent des cas de décès évitables, faute de traitements de base disponibles sur place.
Face à cette crise chronique, les autorités sanitaires locales sont appelées à réagir, tandis que les acteurs humanitaires sont invités à rediriger leur attention vers cette aire de santé oubliée.

