À Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, la population, composée d’autorités politico-administratives, militaires, militants de groupes de pression, organisations des droits de l’homme et société civile, a organisé plusieurs activités commémoratives le 2 août 2025, en mémoire des millions d’innocents tués en République Démocratique du Congo.
Des centaines de manifestants ont marché pacifiquement de la mairie de Beni jusqu’au cimetière de Masiani, s’inclinant devant le mausolée des victimes des attaques des terroristes de l’ADF-MTM.
» C’est vraiment une frustration, une douleur qui nous caractérise et qui fait couler nos larmes en voyant les tombes de nos frères et sœurs ici et d’autres qui ne sont même enterrés », a déclaré Nick Junior, militant de la Lutte pour le changement (LUCHA).
Nick Junior, en arrachant les mauvaises herbes autour des tombes, s’inquiète de l’augmentation du nombre de morts. Selon lui, le gouvernement congolais n’est pas en mesure de sécuriser la population.
« Jusqu’à présent, le gouvernement congolais n’est pas capable de sécuriser les citoyens. C’est une désolation que les gens continuent à être massacrés par les islamistes de l’ADF », regrette-t-il.

Les militants de la véranda Mutsanga et les acteurs de la société civile exigent des enquêtes pour identifier les victimes et rendre justice.
» Il y a en RDC une justice traditionnelle, qui doit être matérialisée pour les victimes. Ceux qui continuent à tuer les Congolais doivent être punis selon la loi nationale et internationale », déclare maître Pinpin Kavota, président de la coordination des forces vives de Beni ville.
Nick Junior appelle le gouvernement congolais à identifier les vrais auteurs des tueries pour organiser des audiences publiques : « Nous demandons à l’État de missionner des équipes d’enquête pour identifier les auteurs et organiser des procès ».
La RDC commémore le 2 août la journée nationale du Genocost (génocide pour des gains économiques). Kinshasa s’engage dans une campagne pour faire reconnaître à l’international l’existence d’un génocide économique au Congo.
Le terme « Génocost » naît à Londres en 2013, sous la plume d’un activiste du CAYP, en lien avec le rapport Mapping de l’ONU, qui documente les crimes commis dans l’est congolais depuis 1996, pointant la responsabilité de plusieurs pays voisins : Ouganda, Rwanda, Burundi.
L’idée émerge d’un peuple congolais victime de l’appétit de ses voisins pour ses richesses, enracinée dans une logique de prédation depuis la colonisation.

