Le gouvernement tanzanien a promulgué une loi interdisant aux ressortissants étrangers d’exercer dans 15 secteurs de la petite et moyenne entreprise, tels que les boutiques de vente au détail, la réparation de téléphones, l’immobilier, les services de nettoyage et l’artisanat.
Selon Reuters, relayé par THE East African, cette initiative émane du ministère de l’Industrie et du Commerce du Dr Selemani Jafo, sous l’égide de la présidence de Samia Suluhu Hassan.
La loi, annoncée le 31 juillet 2025, est d’application immédiate pour les nouveaux entrants dans ces secteurs. Son impact est particulièrement visible dans les centres urbains, notamment à Dar es Salaam.
Par un décret gouvernemental interdisant toute activité formelle ou informelle d’un étranger dans ces domaines, des sanctions sévères (amendes, prison, annulation de permis de séjour) sont prévues. Les titulaires actuels de licences sont néanmoins exemptés. Cette mesure vise à encourager l’émancipation économique des citoyens tanzaniens, à préserver leurs moyens de subsistance et à restreindre l’influence des opérateurs étrangers dans l’économie informelle.

Certaines réactions régionales ne se sont pas fait attendre. Le Kenya, par exemple, via son ministère du Commerce, a formellement demandé des discussions en août prochain, estimant que ces nouvelles restrictions violent les protocoles d’intégration régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).
Cette loi marque un tournant dans la politique économique du pays, illustrant un recentrage sur les acteurs locaux dans l’économie informelle et une affirmation de souveraineté régionale. Elle pourrait avoir des impacts considérables sur l’emploi des ressortissants étrangers et sur les relations commerciales avec les pays de l’EAC, notamment le Kenya, qui possède une grande diaspora.
La diaspora congolaise, également importante en Tanzanie et survivant grâce aux petits commerces, attend toujours la réaction du gouvernement de Kinshasa et du ministère des Affaires étrangères.
Selon le HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés), la communauté congolaise en Tanzanie est constituée de plus de 85 000 réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés. Les estimations pour les migrants congolais non réfugiés sont absentes, ce qui laisse à penser que le nombre de la diaspora congolaise en Tanzanie est supérieur aux chiffres publiés par le HCR.

