Dans un communiqué diffusé ce 25 juillet, le Mouvement de Résistance pour la Démocratie et la Paix (MRDP-Twirwaneho) alerte la communauté nationale et internationale sur une escalade militaire inquiétante dans les Hauts-Plateaux d’Uvira et de Fizi. L’organisation accuse les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), « formées et équipées au Burundi », d’être infiltrées en République Démocratique du Congo (RDC) pour mener des attaques ciblées contre les populations Banyamulenge.
Le communiqué indique que ces éléments FDLR, issus des Interahamwe responsables du génocide des Tutsi au Rwanda, auraient reçu un soutien logistique substantiel de la part des gouvernements burundais et congolais. Selon le MRDP-Twirwaneho, ces miliciens ont été déployés dans des zones stratégiques telles que Luvungi, Lubarika, Rurambo et Minembwe, où ils collaborent avec les milices locales Wazalendo et les troupes des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
Le MRDP-Twirwaneho dénonce des attaques à caractère génocidaire, où les civils Banyamulenge sont victimes de violences extrêmes. « Maisons incendiées, bétail pillé et blocus humanitaire imposé. Actuellement, Minembwe et ses environs sont totalement isolés, laissant les populations civiles sous la menace d’une extermination imminente », alerte le communiqué.
L’organisation exhorte les Nations Unies, l’Union Africaine, la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) à agir rapidement pour mettre fin à ce qu’elle qualifie de campagne de nettoyage ethnique.

Elle appelle également les médiateurs des négociations de paix à Doha et Washington à garantir le respect des engagements pris et à aborder les causes profondes du conflit, « notamment l’absence de volonté du gouvernement congolais à protéger toutes les communautés sans discrimination. »
Le MRDP-Twirwaneho met en garde que si « le plan d’extermination des Banyamulenge » n’est pas stoppé, il se réserve le droit d’adopter des mesures défensives et contre-offensives pour protéger les populations et leurs biens. L’organisation insiste sur l’urgence d’une réponse internationale face à cette escalade de conflit, qu’elle attribue aux gouvernements burundais et congolais.
Ces accusations interviennent alors que le gouvernement congolais et l’AFC-M23 poursuivent les négociations à Doha en vue d’un accord global de paix qui mette fin aux hostilités dans l’est de la RDC et rétablisse l’autorité de l’État dans les zones occupées par les rebelles.
L’Accord de principes signé le 19 juillet entre Kinshasa et l’AFC-M23 consacre un cessez-le-feu permanent. Sur le terrain, notamment au Sud-Kivu, les Wazalendo, alliés des FARDC, s’affrontent régulièrement aux Twirwaneho, alliés à l’AFC-M23.

