À l’issue de trois jours d’intenses négociations à Addis-Abeba, la République Démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont signé, ce 24 juillet 2025, un communiqué conjoint actant leur engagement autour d’un principe fondamental : le rapatriement volontaire, sécurisé et digne des réfugiés.
La délégation congolaise était conduite par le Vice-Premier Ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Shabani Lukoo. Côté rwandais, c’est le Général Karamba, ambassadeur plénipotentiaire, qui a signé le texte en remplacement du ministre de la Gestion des Urgences, empêché par la chute soudaine du gouvernement rwandais survenue la veille.
L’accord fait suite à deux jours de réunions entre experts, clôturées par une rencontre ministérielle de haut niveau. Il s’inscrit dans une dynamique diplomatique plus large, amorcée ces derniers mois, notamment avec l’accord de paix de Washington entre Kinshasa et Kigali, et la déclaration de principes signée le 19 juillet 2025 à Doha entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23-AFC.

« Je pense que l’espoir que suscite la signature de l’accord de paix et de la déclaration de principe contribuera au retour de la paix et de la sécurité dans cette partie du pays et permettra au gouvernement d’accéder aux zones d’installation de réfugiés rwandais afin d’y mener la sensibilisation au rapatriement, » a affirmé Jacquemin Shabani, Ministre congolais de l’Intérieur.
Ces engagements visent à apaiser les tensions persistantes dans la région des Grands Lacs et à favoriser la réintégration progressive des populations déplacées.
Les signataires ont réaffirmé leur attachement aux principes du droit international humanitaire, soulignant l’importance d’un retour volontaire des réfugiés, fondé sur la sécurité, la dignité et le respect des droits fondamentaux. Ils ont aussi exprimé leur volonté commune de respecter les accords tripartites de 2010, qui restent le socle des mécanismes de coordination entre les pays d’origine, d’accueil et le HCR en matière de rapatriement.
L’accord prévoit également la mise en place d’un mécanisme conjoint de suivi et d’évaluation, afin de garantir une mise en œuvre transparente et progressive. Des comités techniques mixtes seront chargés d’identifier les conditions de retour dans les zones concernées, de sensibiliser les communautés hôtes et de mobiliser les ressources nécessaires auprès des partenaires régionaux et internationaux.

