Moins de 48 heures après la signature de la Déclaration de principes entre le gouvernement congolais et la coalition AFC/M23 à Doha, le mouvement politico-militaire de l’AFC/M23 accuse Kinshasa d’en avoir violé les termes.
Dans une interview exclusive accordée à Kivu Morning Post ce dimanche soir, le porte-parole politique de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a dénoncé ce qu’il qualifie de “deux premières violations graves” de l’accord signé samedi.
« Cinq minutes après la signature de la Déclaration de principes, Kinshasa a livré au public une explication erronée du contenu du texte », a affirmé Lawrence Kanyuka.
« Aujourd’hui encore, Tshisekedi a déployé des drones armés pour attaquer les populations civiles dans des zones densément peuplées », a-t-il ajouté.

Revenant sur la portée de la Déclaration de principes, Kanyuka précise :
« Tous les points évoqués dans la déclaration seront traités dans le cadre du dialogue. Pour le moment, il n’y a rien de concret : il s’agit uniquement de dispositions affirmées de bonne foi, que nous allons désormais discuter face-à-face avec le régime de Kinshasa. »
Signée le 19 juillet à Doha, sous la médiation du Qatar et de plusieurs partenaires internationaux, la Déclaration de principes visait à jeter les bases d’un processus de paix entre Kinshasa et l’AFC/M23, notamment à travers une cessation des hostilités, l’ouverture de corridors humanitaires et l’engagement pour un dialogue direct. Les deux parties ont convenu du début du dialogue direct dès le 8 août pour parvenir à un accord de paix avant la fin du mois d’août, incluant un cessez-le-feu et la restauration des autorités de l’État.
Samedi, après la signature de l’accord de principe, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, a indiqué que les rebelles de l’AFC/M23 devraient se retirer des zones occupées, une affirmation démentie par le secrétaire permanent de l’AFC/M23, Benjamin Mbonimpa.

