L’atmosphère politique en République Démocratique du Congo (RDC) est marquée par des tensions croissantes suite à des allégations graves de complot contre le président Félix Tshisekedi. Le général Christian Tshiwewe, ancien chef d’état-major des Forces Armées de la RDC (FARDC), est au cœur de cette tourmente. Lors d’une causerie morale le 15 juillet à Kinshasa, Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), a fait des révélations inquiétantes sur la situation.
« Il n’a pas nié les faits »
D’après Kabuya, le général Tshiwewe aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés lors de son interpellation. Selon Kabuya, l’ancien chef d’état-major, promu au poste de conseiller militaire du président Félix Tshisekedi, réfléchissait, avec son entourage, à un plan visant à éliminer le chef de l’État. « Il ne l’a pas nié », a-t-il insisté, soulignant que l’appartenance à une communauté ne saurait justifier un complot contre le chef de l’État.
Les propos de Kabuya soulèvent une profonde préoccupation : comment un haut responsable militaire peut-il envisager un plan d’élimination du président, tout en étant promu à des grades élevés au sein de l’armée ?
« Le jour de son arrestation, beaucoup ont crié au scandale, arguant que des généraux d’une certaine communauté étaient ciblés. Quand le président les élevait, le faisait-il en fonction de leurs communautés ? C’est une question légitime », a déclaré Kabuya. Il a fermement rejeté toute défense du général en invoquant des considérations communautaires.
Les événements se sont enchaînés rapidement. Le 8 juillet, Maurice Nyembo, ancien directeur de cabinet du général Tshiwewe, a été arrêté par les services de renseignement militaires. Le lendemain, c’était au tour d’Adelart Mwiza, son secrétaire particulier. Selon des sources fiables, le général Tshiwewe serait également déjà en détention.

Le député national Eliezer Ntambwe, membre de l’Union Sacrée, a ajouté une autre dimension à cette affaire. « Christian Tshiwewe a été arrêté non pas à cause d’une tentative de coup d’État, mais parce qu’il aurait promis à Joseph Kabila qu’il contrôlait le président Tshisekedi et qu’il allait bientôt l’assassiner », a-t-il affirmé. Ntambwe a souligné que, sous le mandat de Tshisekedi, le général a atteint le rang de quatre étoiles, un statut qu’il n’avait pas obtenu sous Kabila, un « frère katangais ».
Depuis le début de 2025, la République Démocratique du Congo (RDC) est secouée par des arrestations arbitraires d’officiers des FARDC. Parmi les généraux détenus à Kinshasa figurent le Lieutenant-Général Yav Kabey, le Général Banywesize, le Général Banza Kabulo et le Général Ilunga Kampete, ainsi qu’un nombre important de sous-officiers. Sur les trente généraux arrêtés, 29 sont swahiliphones, selon Jean-Jacques Wondo, ancien détenu de Makala et expert en sécurité.
Le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, a déclaré que ces officiers sont interpellés pour des « manquements graves » à la discipline militaire. Il a réaffirmé l’engagement de l’armée envers la rigueur et le respect de la loi. « Un militaire qui enfreint la loi agit en tant qu’individu, pas au nom d’une communauté », a-t-il précisé.
Ces arrestations et sorties médiatiques controversées surviennent dans un contexte de conflit exacerbé par les tensions croissantes entre les FARDC et la rébellion de l’AFC/M23, qui contrôle plusieurs villes de l’Est de la RDC.
Alors que la RDC fait face à des allégations de trahison et d’infiltration au sein des forces militaires, la situation demeure préoccupante pour la stabilité du pays.

