Le président de la Commission d’intégrité et médiation électorale (CIME), Idriss Katenga, appelle à un dialogue inclusif et à une introspection nationale pour faire face aux divisions internes en République Démocratique du Congo.
Il insiste sur l’importance d’un discours de paix, dénonçant les stigmatisations et les récits de haine entre communautés congolaises.
« Quand on veut la paix, il y a un discours, un narratif de paix. Mais chez nous les Congolais, il y a quelque chose qui m’étonne. Quand vous entendez les Congolais parler les uns des autres, c’est comme si nous continuons à défendre l’unité nationale du bout des lèvres, mais dans nos têtes, le pays est déjà balkanisé », a-t-il déclaré.
Pour Idriss Katenga, la solution au conflit dans l’Est ne peut pas se limiter à des accords de cessez-le-feu ou à des négociations diplomatiques :
« Nous avons vécu les limites de la logique militaire. Et même si la diplomatie a permis une accalmie, elle ne réglera pas les fissures internes entre Congolais. Il faut maintenant identifier ensemble les causes profondes de ces tensions. »

Président d’un organe interconfessionnel, Idriss Katenga précise que son initiative pour la paix n’entre pas en confrontation avec celle portée par l’ECC et la CENCO.
« Il n’y a pas de confrontation entre notre initiative et le pacte social proposé par l’ECC-CENCO. D’ailleurs, ces deux institutions nous ont présenté leur document. Nous saluons leur travail. Il n’y a personne qui a le monopole de l’amour du pays », affirme-t-il.
Il confirme que son équipe ira à la rencontre de tous les acteurs, qu’ils soient armés ou non :
« Nous avons le droit et même l’obligation d’aller partout, parce que si nous voulons réunifier les Congolais, il faut parler avec tous ceux qui sont sur le territoire national. »
Idriss Katenga salue également l’accord de Doha, en révélant ses limites :
« C’est un processus pour un cessez-le-feu. Mais Doha ne traite pas des fissures internes, qui sont les germes des divisions. »

