Alors que le gouvernement congolais et l’AFC/M23 ont relancé les discussions le 8 juillet à Doha en vue d’une désescalade du conflit dans l’est de la RDC, les tensions demeurent élevées et les deux parties semblent loin d’accorder leurs violons.
Certaines sources dans la presse évoquent une évolution vers un accord qui pourrait être signé cette semaine à Doha. Cependant, l’agence Congolaise de presse (ACP) a rapporté le 10 juillet que l’AFC/M23 revendique la gestion des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ce qui serait à l’origine des blocages.
« La principale revendication du M23 – AFC à Doha est d’obtenir la gestion exclusive, sur tous les plans, des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu pendant huit ans », a écrit l’ACP, citant une source proche de l’équipe des négociateurs du gouvernement congolais.
Cette information a rapidement suscité une vague de réactions, accusant l’AFC/M23 de mauvaise foi dans la résolution de la crise.
Sur son X, ce 11 juillet, le porte-parole de l’AFC/M23 a accusé le gouvernement congolais de refuser d’honorer les mesures de confiance nécessaires à de fructueuses discussions. Lawrence Kanyuka déplore une campagne de désinformation menée par Kinshasa, diffusant des allégations mensongères.
« Le régime illégitime de Kinshasa ne tient plus qu’à un fil. Son incompétence manifeste étant mise à nu, Kinshasa tente de masquer son échec à honorer les mesures d’établissement de confiance de l’AFC/M23, en recourant à ses méthodes habituelles : désinformation, manipulation et propagande », a écrit Kanyuka.
Le porte-parole accuse également le gouvernement de Kinshasa de poursuivre le déploiement de troupes en collaboration avec l’armée burundaise pour attaquer des zones peuplées dans le territoire qu’elle occupe.
« Pendant ce temps, le régime illégitime de Kinshasa, toujours fidèle à ses pratiques terroristes, poursuit le déploiement massif de troupes et d’armements sur tous les fronts, prenant délibérément pour cible des zones densément peuplées. Nous condamnons fermement ces opérations militaires qui mettent gravement en péril la sécurité des populations civiles », a-t-il déclaré.

Pour sa part, l’opposant Prince Epenge de la coalition Lamuka a qualifié la revendication de gestion du Kivu de « l’absurdité qui ne saurait être tolérée par le gouvernement congolais et le peuple ».
« La revendication de l’AFC/M23 de gérer les deux Kivu comme une entité autonome pendant 8 ans est à la fois une folie, une insulte au combat de LUMUMBA, et un pas décisif vers la Balkanisation », a-t-il déclaré. Pour lui, céder deux provinces à l’AFC/M23 serait une extrémité grave et une ligne rouge que Kinshasa ne saurait franchir.
« Nous préférons la fin du monde que d’assister à l’émiettement du Congo. Dites à NANGA qu’il y a moyen de combattre une dictature sans vendre son âme et ses terres au diable. Finalement, Albert Einstein avait raison : aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l’a engendré. Si Félix TSHISEKEDI n’est pas une solution, NANGA et ses créateurs ne le seront jamais », a conclu l’opposant Prince Epenge.
À Doha, Vincent Biruta, ministre de l’Intérieur du Rwanda, et Jacquemain Shabani de la RDC sont présents. Ils ont été conviés par le médiateur qatari lors des négociations entre la délégation de Tshisekedi (gouvernement congolais) et celle de Corneille Nangaa (opposition armée AFC/M23). Leur participation est perçue comme une avancée vers une entente entre les deux parties en conflit.
Pourtant, sur le terrain, les tensions restent à leur paroxysme, exacerbées par des combats sporadiques entre les Wazalendo alliés des FARDC et les combattants de l’AFC/M23, notamment dans le territoire de Walungu au Sud-Kivu et à Bambo dans le Rutshuru au Nord-Kivu.

