Lors d’un point de presse tenu le 10 juillet 2025, le ministre de la Santé publique, Dr Samuel Roger Kamba, a dressé un tableau inquiétant de l’épidémie de choléra en RDC. Il a déclaré que le pays traverse une « crise sanitaire critique », soulignant l’ampleur et la rapidité avec lesquelles la maladie se propage.
Depuis janvier 2025, plus de 33 000 cas ont été recensés sur le territoire national, accompagnés de 22 décès, un notable dépassement du bilan de l’année précédente. Selon le ministre, le taux de positivité des échantillons analysés s’élève à 42 %, un indice alarmant de la gravité de l’épidémie.
Le ministre a précisé que 17 des 26 provinces sont maintenant touchées, signalant une propagation géographique rapide. Il a expliqué : « Nous sommes actuellement très engagés avec deux épidémies : Mpox et choléra. […] Cela veut dire que nous sommes en phase aiguë de l’épidémie qui est encore en train de monter. »

À Kinshasa, 25 zones de santé sur 75 ont rapporté des cas, avec une moyenne de 130 nouveaux cas par semaine, souvent accompagnés de décès. Le ministre a souligné : « À Kinshasa, on a 130 cas qui sont déclarés chaque semaine et ces cas sont malheureusement accompagnés de décès. »
Le Dr Kamba a mis en lumière un problème majeur : la gestion communautaire des malades. Il a ainsi averti : « La difficulté que nous avons, c’est que les malades doivent se déplacer vers le centre de santé et éviter de prendre eux-mêmes les médicaments, » rappelant l’importance d’un diagnostic et d’un traitement professionnels.
Face à la situation, le gouvernement a pris plusieurs mesures : ouverture de centres de traitement gratuits, collaboration avec la Regideso pour un accès accru à l’eau potable, et vaccination réactive prévue dans 11 zones, y compris Kinshasa. Le ministère encourage également les gestes préventifs : traitement de l’eau, hygiène des mains, cuisson appropriée des aliments et utilisation de la ligne gratuite 151 pour signaler les cas.

