Alors que l’armée congolaise et l’UPDF intensifient leurs offensives contre les Forces Démocratiques Alliées (ADF) en Ituri et à Beni, les menaces de Kainerugaba de s’emparer de Kisangani jettent une ombre sur cette coopération militaire, remettant en question l’intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC.
Le dimanche 23 mars, au lendemain d’une rencontre avec le président rwandais Paul Kagame, Kainerugaba a utilisé son compte sur la plateforme X pour exprimer ses intentions agressives.
Il a déclaré que si le mouvement rebelle M23 ne prenait pas la ville stratégique de Kisangani, l’UPDF le ferait. « Dans une semaine, le M23 ou l’UPDF seront à Kisangani. Sur ordre de Yoweri Museveni, commandant en chef de l’UPDF ! », a-t-il écrit, illustrant ainsi une volonté manifeste de domination militaire.
La déclaration de Muhoozi intervient dans un contexte de conflit ardent, où le M23 contrôle la cité de Walikale située à 440 kilomètres de Kisangani, chef-lieu de la Tshopo.
Les menaces ne se sont pas limitées à des ambitions territoriales. Kainerugaba a également ciblé le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-colonel Luboya Nkashama, en l’accusant de faire obstacle aux opérations de l’UPDF. « Nous allons l’arrêter très bientôt », a-t-il déclaré, témoignant d’une approche unilatérale et agressive vis-à-vis des autorités congolaises.

Depuis la fin de l’année 2021, les forces ougandaises, dans le cadre des opérations « Shujaa », collaborent avec les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) contre l’ADF. Cependant, l’UPDF a également pris des initiatives unilatérales, notamment la traque des miliciens de la CODECO, en adoptant une posture militariste. « Tous les membres de l’UPDF sont autorisés à tirer et à poser des questions par la suite », a averti Kainerugaba, renforçant ainsi les craintes d’une escalade des violences.
À ce jour, ni les FARDC ni le gouvernement congolais n’ont officiellement réagi aux menaces proférées par Kainerugaba. Cependant, la ministre d’État des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait déjà convoqué le chargé d’affaires de l’Ouganda en RDC, Matata Twaha, en décembre dernier, pour obtenir des clarifications sur les déclarations jugées « déplacées » de Kainerugaba. Ce dernier avait alors émis un avertissement aux « mercenaires blancs » aux côtés des FARDC, exacerbant les tensions déjà présentes.






