Après plusieurs jours de suspension des activités scolaires consécutifs à la grève des enseignants des écoles primaires publiques et conventionnées, les cours ont repris timidement depuis le lundi 21 octobre 2024 dans la ville de Beni, au Nord-Kivu.
Un engouement des écoliers est observé dans plusieurs établissements scolaires publics. Mais dans d’autres, les apprenants sont restés assis dans les salles de classe le lundi et la matinée de ce mardi 22 octobre, sans aucun enseignant visible pour les encadrer, a constaté un journaliste de Kivumorningpost qui a fait la ronde des écoles.
Par exemple, dans deux écoles primaires situées dans la concession de l’Église anglicane à Kasabinyole, deux écoliers retrouvés à l’extérieur de leurs salles ont témoigné qu’ils viennent depuis le lundi, mais qu’ils n’ont suivi aucun cours : « Nous avons commencé à venir depuis hier, mais nous, en 6ᵉ, notre enseignant n’est pas encore arrivé. Mais on pense que les enseignants viendront toujours, » affirme-t-il sous couvert d’anonymat.
« Nous, on n’étudie pas. On joue seulement à l’intérieur de notre salle, » déclare hors micro Robati K., un écolier de 3ᵉ primaire.
Dans la concession de l’église CECA 20 Mabakanga en commune de Mulekera, on voit un va-et-vient d’écoliers et l’on entend des cris d’enfants. Au même moment, l’on écoute des « voix » d’enseignants qui dispensent les cours à côté.

« Peut-être que l’on peut bien commencer (les cours) demain. Les enseignants sont assis dans le bureau. Mais hier, nous avons étudié, et aujourd’hui d’autres enseignants ne sont pas arrivés, » ajoute sous couvert d’anonymat un élève de 5ᵉ année à l’EP CECA Mabakanga.
Pour ces deux premiers jours, certains parents ont hésité à envoyer leurs enfants aux cours. Une situation similaire est observée dans de nombreuses écoles du territoire de Beni, sauf dans la sous-division de Bulongo, où les enseignants ont boudé l’appel des syndicats des enseignants qui ont annoncé la reprise des cours dès le lundi 21 octobre 2024.
D’après des observateurs et des analystes, cet « énorme » retard dans la reprise des cours impacte négativement le respect du calendrier scolaire en RDC. Nombreux estiment que le gouvernement devrait rapidement répondre aux désidératas des professionnels de la craie pour sauver cette année scolaire 2024-2025.






