Face à la crise humanitaire qui sévit dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) à cause des conflits armés, une campagne de vaccination massive contre la rougeole vient d’être lancée dans les camps de déplacés autour de Goma et dans la zone de santé de Karisimbi. Menée conjointement par Médecins Sans Frontières (MSF) et le ministère de la Santé, cette campagne vise à rattraper les enfants qui n’ont pas reçu leurs vaccins, en particulier ceux âgés de 0 à 59 mois.
Salama Bushenyula Queen, une mère déplacée de guerre, souligne l’importance de cette campagne pour protéger son enfant.
« Je suis venue faire vacciner mon enfant qui a un mois et trois jours. Ce vaccin est d’une importance capitale, car il protège contre des maladies comme la rougeole, la coqueluche et le tétanos. Il couvre plusieurs maladies qui menacent la santé de nos enfants », explique-t-elle.
Dr. Sylvain Muhindo, responsable des vaccinateurs, explique que cette initiative est une « campagne de rattrapage ».
« Il y a des enfants venus des villages qui n’ont pas été vaccinés à cause des conflits. Cette campagne est une opportunité pour eux de recevoir les vaccins nécessaires. C’est une occasion unique pour les enfants non vaccinés de rattraper leur calendrier vaccinal. »
Pour Joseph Byenda, responsable médical de la vaccination à MSF, cette campagne est le résultat d’une étude approfondie.

« Après avoir constaté que de nombreux enfants vivant dans les camps de déplacés n’ont jamais été vaccinés ou ont un calendrier vaccinal incomplet, nous avons décidé, avec le ministère de la Santé, de lancer cette campagne. Elle cible en particulier les enfants sous-vaccinés et ceux que l’on appelle ‘zéro dose, c’est-à-dire ceux qui n’ont jamais reçu de vaccin », explique-t-il.
La campagne de vaccination se déroulera en trois phases, chacune espacée de 28 jours, couvrant les zones de santé de Goma, Buhimba et Mugunga.
« Nous attendons 34 000 enfants de 0 à 59 mois pour cette première phase. Ces enfants recevront plusieurs antigènes à différents intervalles pour garantir une protection maximale contre les maladies évitables par la vaccination », précise Joseph Byenda.
Cette campagne représente une étape clé dans la lutte contre les maladies évitables par la vaccination, notamment dans ces zones fragilisées par les déplacements forcés et la guerre. Pour les enfants déplacés et leurs familles, c’est un espoir de protection contre les maladies qui, sans vaccination, pourraient être dévastatrices.






