Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 26 septembre 2024, dans l’enceinte de l’Institut Supérieur de Commerce (ISC) de Goma, le collectif des mouvements citoyens et groupes de pression du Nord-Kivu a tout d’abord dressé un tableau sombre de la situation sécuritaire dans l’Est du pays, à cause des offensives des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda.
« Après notre réunion évaluative de la situation de notre pays pour le troisième trimestre de l’an 2024, nous avons constaté que la situation sécuritaire ne fait que se détériorer chaque jour, marquée par des dégâts humains considérables à cause de l’agression rwandaise et de l’absence d’une stratégie claire et efficace de notre gouvernement pour mettre fin à ce cycle de violences », alertent-ils.
Ce collectif de mouvements citoyens dénonce également le silence de la communauté internationale face aux hostilités persistantes commises par le régime de Kigali.
« L’hypocrisie de la communauté internationale a atteint son paroxysme vis-à-vis du peuple congolais. Au lieu de sanctionner le Rwanda pour son agression contre la RDC, l’ONU et les puissances mondiales cherchent à pousser les deux gouvernements vers une solution négociée, favorisant ainsi le Rwanda qu’ils ont toujours cherché à couvrir », fustigent-ils.
Par ailleurs, les activistes des mouvements citoyens s’opposent fermement au processus diplomatique de Luanda, tant que les États-Unis exigeront la neutralisation des FDLR par Kinshasa sans contraindre le Rwanda à reconnaître la présence de ses troupes sur le sol congolais. Ces organisations de la société civile ont également exprimé leur soutien indéfectible à Charles Onana, poursuivi pour contestation du génocide des Tutsis.

« Cela étant, nous déclarons notre opposition au processus de Luanda aussi longtemps que les impérialistes, en obligeant la RDC à neutraliser les FDLR sans exiger du Rwanda qu’il reconnaisse sa présence militaire sur notre territoire et s’engage à les retirer dans un délai précis, continueront à utiliser ce processus pour légitimer la barbarie de Paul Kagame et de sa bande à travers l’agression rwandaise sous la casquette du M23. Nous apportons également notre soutien total au chercheur et écrivain camerounais Charles Onana, qui fait l’objet d’une plainte de la part des proches du régime de Kigali pour avoir exposé ses recherches », poursuivent-ils.
Les activistes des mouvements citoyens et des groupes de pression ont également dénoncé les propos du secrétaire général adjoint des Nations Unies, Jean-Pierre Lacroix, les accusant de vouloir minimiser l’importance de prendre en compte la volonté de la population dans le processus de prolongation du mandat de la MONUSCO en fin 2024.
Il est important de noter que ces mouvements citoyens et groupes de pression ont également appelé les députés nationaux et provinciaux à mettre fin au régime exceptionnel de l’état de siège. Ils ont par ailleurs exigé la libération des activistes arrêtés arbitrairement et des autres prisonniers politiques, menaçant de passer à des actions de grande envergure en cas de récidive.






