Le député national Steve Mbikayi s’est exprimé ce jeudi 30 mai 2024, sur les réactions suscitées par la publication du nouveau gouvernement. Son discours met en lumière des revendications et des déclarations qui, selon lui, sont davantage basées sur des considérations provinciales, tribales et claniques plutôt que sur des idéologies politiques.
L’ancien ministre de l’ESU note que dans une démocratie, le pouvoir devrait être partagé entre des forces politiques significatives et non entre tribus et provinces. Il trouve légitimes les revendications des regroupements politiques représentatifs qui ont été oubliés, mais déplore que ces revendications se fassent souvent de manière indigne et médiatisée. Selon lui, ces jérémiades publiques déshonorent.
L’élu de Mont Amba souligne par ailleurs que les revendications tribales sont partiellement justifiées par une disposition constitutionnelle qu’il qualifie d’impertinente, exigeant la présence de toutes les provinces dans le gouvernement. Il pose la question de savoir ce qui se passerait si, pour diverses raisons, un gouvernement devait être formé avec moins de 26 membres.

Il appelle à une révision ou à un changement de cette disposition constitutionnelle, suggérant qu’elle devrait être élaguée ou reformulée autrement. Il insiste sur le fait que pour obtenir un soutien politique plus large, le Premier ministre devrait s’efforcer de choisir des ministres issus de forces politiques significatives et de différentes communautés, sans forcément représenter toutes les ethnies.
En outre, il encourage un changement de mentalité, invitant à bannir progressivement la notion des originaires et à se concentrer sur les ressortissants des différentes entités administratives. Il critique le fait qu’un citoyen né et vivant dans une région soit automatiquement affilié à la province d’origine de ses parents, une pratique qu’il juge contraire au nationalisme.
Le député national Steve Mbikayi propose de cultiver un sentiment de nationalisme similaire à celui observé lors de la sélection des joueurs de l’équipe nationale de football, où chaque Congolais souhaite voir les meilleurs sélectionnés, indépendamment de leur province d’origine. Il conclut que dans le cadre de la formation du gouvernement, c’est au Premier ministre de faire des combinaisons entre forces politiques, origine ethnique et compétences, plutôt que chaque clan ne revendique sa représentation.






