Après le dîner, les présidents Emmanuel Macron et Félix Tshisekedi ont animé un point de presse mardi 30 avril 2024 au Palais de l’Élysée. Les deux dirigeants ont passé en revue les questions de coopération bilatérale et de sécurité dans l’Est de la RDC.
Le Président congolais a rendu un hommage appuyé au soutien français, reconnaissant l’engagement de la France pour trouver une solution durable au conflit qui prévaut dans l’Est de la RDC.
« On peut compter sur la France qui sera à nos côtés pour trouver cette paix dans l’Est. Je repars très satisfait et optimiste quant à l’avenir de la relation franco-congolaise », a-t-il déclaré.
Le Chef de l’État a estimé que « de cette paix dépendront beaucoup d’autres choses maintenant, notamment le développement par les opérateurs économiques français dans tout ce qu’il y a comme opportunité à saisir en RDC. »
À une question sur la recommandation faite par le président Nicolas Sarkozy en son temps, celle d’une collaboration économique entre la RDC et le Rwanda en mettant en place des joint-ventures notamment dans le domaine minier, le Président Français s’est dit tout aussi optimiste.
Le Président Félix Tshisekedi a estimé que tant que Paul Kagame sera à la tête du Rwanda et qu’il ne changera pas de façon de voir, ce rêve du président Sarkozy ne sera pas réalisable.
« Je suis témoin vivant. Quand je suis arrivé à la tête du pays, j’ai tendu la main à tous les voisins. Nous avons expérimenté cette coopération dont avait parlé le Président Sarkozy. J’ai été payé en monnaie de signe. Nous avons été poignardés dans le dos par le Président du Rwanda. En lieu et place de ce partenariat gagnant-gagnant, il a préféré continuer ce trafic illicite de nos minerais. Cela me rend plus réfractaire à l’idée de pouvoir rééditer cette expérience. Tant que Kagame sera à la tête de ce pays et qu’il ne changera pas, malheureusement le rêve du président Sarkozy ne sera pas réalisable », souligne-t-il.
« Vous ne pouvez pas parler avec quelqu’un qui nous tient le couteau à la gorge. Il faut que l’armée rwandaise quitte le sol congolais. En ce moment-là, on pourra discuter, mais pour dire que l’armée rwandaise n’a rien à faire sur le sol congolais », poursuit-il.

À cette même occasion, le président français Emmanuel Macron a exhorté le Rwanda à « cesser tout soutien aux rebelles congolais du M23 dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et à « retirer ses forces » du pays, promettant d’essayer de convaincre Kigali.
« La France ne transigera jamais sur l’intégrité territoriale et la souveraineté de la République démocratique du Congo », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Le chef de l’État français a évoqué un « Engagement du président congolais à mettre fin aux agissements des FDLR, des rebelles hutus de nationalité rwandaise présents sur le sol congolais depuis 30 ans dans l’Est de la RDC, dénoncé par le Rwanda. » Nous sommes avec plusieurs autres alliés à vos côtés, vous le savez, pour mettre en œuvre cette avancée », ajoute-t-il.
« La France a condamné à plusieurs reprises l’agression de la RDC. Nous avons aussi pris des sanctions au niveau européen. Notre priorité est à l’action. Le dialogue est la solution diplomatique la plus efficace à ce jour. Rien ne doit être exclu », a réagi Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron estime que cet engagement a de la valeur vis-à-vis des Rwandais et qu’il se fait fort de convaincre d’un retrait en parallèle de leurs forces qui n’ont rien à faire sur le sol congolais tout en s’engageant à rappeler le Président rwandais Paul Kagame dans les prochains jours. Si on arrive à réenclencher un tel processus, la confiance se crée.
Le président congolais s’est réjoui de l’intensification des échanges commerciaux entre la France et la RDC, tout comme le président français.
« Je me réjouis de l’intensification des investissements et des échanges commerciaux entre nos deux pays », s’est-il satisfait à son tour le Chef d’État français, au sujet de la coopération entre la France et la RDC.






