À l’occasion de la Journée internationale de la Femme célébrée chaque 8 mars, les femmes et jeunes filles déplacées se trouvant dans le camp de déplacés de Don Bosco Ngangi, situé dans la ville de Goma, province du Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, lancent un appel aux autorités congolaises pour rétablir la paix dans leurs localités (territoires de Masisi, Nyiragongo et Rutshuru) afin qu’elles puissent rentrer chez elles, car elles traversent actuellement une période très difficile.
Ce vendredi 8 mars 2024, Kivumorning Post a rencontré quelques femmes déplacées par la guerre, qui déclarent que la Journée internationale des droits de la Femme n’existe pas pour elles, étant donné qu’elles sont démunies de presque tout.
« Je ne peux pas célébrer cette journée, je n’ai pas de joie. Nous manquons de nourriture, de vêtements et nos abris sont déjà troués. Nous dormons sur des cartons, c’est comme si notre camp de Don Bosco était oublié, nous souffrons vraiment », a déclaré une femme déplacée, Espérance MAPENDO.
« C’est avec amertume que je vous parle ici. Je ne peux pas célébrer cette journée du 8 mars, je suis une femme enceinte, je souffre. Si j’étais chez moi, je pourrais bien fêter, car chez nous, le 8 mars est une grande fête à célébrer », souligne Jacqueline MIRIMO.
Olive ZAIDI, une jeune fille déplacée, explique qu’elle ne peut pas célébrer car elle n’a rien : pas de pagne, de nourriture ni de chaussures pour être aussi élégante que d’autres filles, mais ce qu’elle souhaite par-dessus tout, c’est la paix chez elle.

« Je suis une déplacée de guerre depuis un mois dans ce camp, je n’ai rien. Comment pourrais-je célébrer ? Je suis choquée car cette journée me trouve dans un camp. Puissions-nous être secourues par Dieu. Dans ce camp, nous sommes violées », précise Noëlla kAVIRA BAENI.
Elles lancent un appel aux personnes de bonne volonté pour venir en aide à l’occasion de cette journée, en fournissant de la nourriture, des vêtements, des chaussures, des abris et des foulards, afin de pouvoir festoyer comme tant d’autres femmes congolaises.
Elles demandent également au gouvernement congolais de leur venir en aide en fournissant des biens, mais surtout en rétablissant la paix dans leurs communautés respectives afin qu’elles puissent rentrer chez elles pour cultiver.
Les femmes déplacées ont précisé que si elles étaient dans leurs communautés respectives, elles pourraient célébrer, mais comme elles n’ont rien, elles préfèrent seulement observer.
Autour de Goma, capitale de la province, les camps de déplacés se multiplient et les conditions de vie y sont difficiles. En particulier pour les femmes, elles sont de plus en plus nombreuses à briser le silence et témoigner des viols qu’elles subissent alors qu’elles font les tâches domestiques.
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