Le député national Jean-Baptiste KASEKWA exige l’interpellation du premier ministre Sama Lukonde devant la représentation nationale. Dans une correspondance lui adressé, l’élu de Goma plaint l’ambiguïté du cessez-le-feu unilatérale et de préférence la solution diplomatique par le gouvernement de la République face à la progression de l’occupation du M23/RDF et l’aggravation de la crise humanitaire au Nord-Kivu.
Cet élu de l’opposition regrette qu’en lieu et place d’attaquer l’ennemi, le gouverneur militaire ad intérim du Nord-Kivu se contente d’observer le cessez-le-feu.
« Les attentes de la population du Nord-Kivu à un rétablissement rapide de la paix sont fréquemment contrariées par des prises de positions ambiguës émanant des membres du gouvernement de la République relatives au cessez-le-feu unilatérale de Luanda du 6 juillet 2022 et à une prétendue solution politique face à la persistance et la progression des rebelles du M23 » écrit Jean-Baptiste Kasekwa dans sa correspondance.
Celui-ci se demande pourquoi la RDC doit se focaliser sur le respect des accords de Luanda pendant que les rebelles du M23 soutenus par Kigali continuent à progresser.

« Entendus que les feuilles de route signées à Luanda en date du 6 juillet et du 23 novembre 2023 n’empêchent à rien le M23/RDF d’étendre l’occupation des territoires de Rusthuru, Masisi, Nyiragongo jusqu’aux portes et d’y pousser la crise humanitaire à son comble ».
D’où la pertinence de sa question :
« Quelles sont les raisons pour lesquelles le gouvernement de la République s’en tient au respect de ce cessez-le-feu unilatéral ? A qui cette position profite-t-elle ? »
En attendant que le gouvernement de la RDC apporte la solution posée, des millions de déplacés croupissent dans la misère et la famine dans différents camps au Nord-Kivu. Pour la seule journée de jeudi, l’organisation mondiale des migrations a dénombré dix mille personnes nouvellement arrivées au camp de Bulengo. Ces personnes ont fui les combats qui s’intensifient depuis lundi entre les rebelles du M23 et les forces armées de la RDC dans les territoires de Masisi et une partie du territoire de Nyiragongo.
Au camp de Kanyaruchinya, le Président de ce camp a alerté sur la résurgence de nouveaux cas de diarrhée au sein de nouveaux déplacés venus de Kibumba suite aux combats.
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