La capitale du Nord-Kivu n’a pas mis du temps pour sentir les conséquences engendrées par la grève des vendeurs de produits pétroliers déclenchées depuis vendredi en début de soir. Ces commerçants ont annoncé suspension de la vente de leurs produits dans le but de dénoncer l’inadéquation des prix des produits dans la partie Est du pays.
Ce samedi matin, Mugisha, motard de son état croisé sur la route ULPGL-SOTRAKI ne sait pas où s’approvisionner. Alors qu’il est huit heures, celui-ci ne parvient pas à s’approvisionner en carburant, car toutes les stations-service sont fermées.
« C’est compliqué ce matin. Le carburant est devenu rare comme de l’or. Les propriétaires de station refusent de nous vendre du carburant. Que puis-je faire sans carburant » s’interroge ce moto-taximan.
Si le prix à la pompe avant ce mouvement de grève était de 3500 FC le litre, avec ce mouvement de grève, le litre a pris de l’ascenseur sur le marché noir. Bahati conducteur de moto que nous croisons vers terminus, déplore l’incivisme de revendeurs. Dans moins de 10 h, ces derniers viennent de fixer le prix du litre à 5000fc. D’où une majoration de 1500fc.
« Nous déplorons le comportement de Kadhafi. Je comprends que l’ennemi du Congolais, c’est le congolais lui-même. Comment est-ce qu’ils peuvent nous faire souffrir comme ça ? Un litre pour 5000fc, c’est du vol. Mais, comme il n’y a pas d’autres alternatives, nous sommes obligés ».

Pointés du doigt dans cette majoration, les Kadhafi rejettent ces accusations sur le dos de leurs fournisseurs. Accédé à la marchandise nécessite du courage.
« Je ne produis pas du carburant. Déjà les propriétaires des stations-service vous disent qu’il n’y a pas de la marchandise. Alors ceux-là qui ont un peu de produits, ne sachant pas où s’approvisionner, vendent en toute prudence. Sur le marché noir, on te vend un litre à 5 000 milles francs. Je suis commerçant et j’ai aussi droit au profit. »
Et de poursuivre : « Le gouvernement doit trouver une solution à ce problème. Le pays souffre, mais ce n’est pas à nous de trouver une solution à un problème aussi Complexe. Qu’ils se concertent entre eux pour trouver une solution. »
Les responsables des structures encadrant les vendeurs de produits pétroliers dans la partie Est du pays n’ont pas encore dit un mot quant à la durée de ce mouvement. Entre-temps, dans la capitale du Nord-Kivu, ce sont les populations qui souffrent. Une course de taxi moto qui s’élevait à 1500 fc est passé à 2500, voire 3000 aux heures vespérales.
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