L’organisation la benevolencia Grand-lacs a organisé ce vendredi 20 octobre 2023 au chef-lieu du Nord-Kivu un dialogue national en faveur des acteurs politiques et sociaux culturels du Nord-Kivu sur la lutte contre les discours de Haine et la campagne précoce, en cette période électorale.
Ces travaux qui ont réunis 72 acteurs, ont offert une tribune aux parties prenantes de faire le diagnostic réel de la situation dans la province du Nord-Kivu.
« Cette session qui se veut un moment d’échange permet aux cadres , militants et sympathisants des partis politiques, à côté des chevaliers de la plume et animateurs de débats politiques, artistes chanteurs et comédiens et acteurs de la société civile et mouvements citoyens, d’être face aux animateurs du CSAC, de la CENI et des politologues , pour tirer toutes les conséquences d’une campagne électorale précoce et l’utilisation des discours de Haine. » a fait savoir Serge BISIMWA, coordinateur grassroot au sein de la benevolencia au Nord-Kivu.
Au cours de ce moment d’échange, plusieurs thèmes ont été abordés par les intervenants. Il s’agit des thèmes se rapportant sur comment battre campagne sans discours de haine, le rappel des notions d’éthique et déontologie du journaliste, le rôle du CSAC dans la régulation des médias, la CENI et les contentieux électoraux.
Le professeur Deogratias CHIMERE, politologue de formation, a axé son intervention sur la problématique de la campagne électorale sans discours de Haine.
Celui-ci est revenu sur les stratégies à mettre en place pour battre campagne sans verser dans les considérations ethniques, tribales et sexiste.
« Il est possible pour nos acteurs politiques de battre campagne sans provoquer des altercations. L’élément moteur dans ce cas, demeure le respect de la loi. C’est vrai pendant cette période, des divergences d’opinions ont vu les jours autour de telle ou telle autre candidature. Je dois rappeler aux politiques, que la loi n’autorise pas la période de précampagne. Mais comme c’est un fait, l’utile est de se ranger derrière les aspects liés au respect de l’ordre public, l’évitement des injures, la diffamation, des humiliations envers les challengers et la lutte contre les appels à la violence. » indique t’il
Membre du groupe de travail sur la question de discours de Haine dans la région, ALAIN ALAME a soulevé une exception. Selon lui, un monde sans haine n’existe pas. Toutefois, il appelle les acteurs à développer des stratégies qui contribuent à la réduction des tensions.
« Les QG de partis politiques sont en ébullition depuis quelques temps. Cette ébullition pousse certains à se dénigrer. Pour cela, nous pensons qu’il est temps de développer des attitudes qui réduisent la tension et qui prônent le dialogue. Si les acteurs ont une divergence, la médiation est une voie conseillée. Elle permet donc aux antagonistes de régler leur différend »
De la responsabilité du journaliste dans l’animation des débats politiques en cette période électorale et le respect du code d’éthique et de déontologie.
Valéry Mukosaenge, responsable de la commission d’éthique et déontologie de la corporation des journalistes au Nord-Kivu a insisté dans son intervention sur les bienfaits de la mise en avant des notions de responsabilités, exactitude et impartialité.

« En cette période les médias ont un Grand rôle à jouer. Certains politiques véreux recourent aux journalistes, pour qu’ils soient leurs porte-étendards. Vous verrez ainsi, certains journalistes, oubliant qu’ils sont les églises au milieu du Village, qui vont portent des effigies et faire la gloire de certains candidats. Cette pratique doit être bannie malgré le principe du publi-reportage. Ils doivent faire de leurs mieux pour accorder la parole à toutes les parties et de ne pas exagérer les faits » a-t-il insisté lors de son intervention.
Une interpellation très pertinente pour Yvonne kapinga. Cette animatrice des débats politiques sur Go FM pense que cette session va palier aux dérapages enregistrés en cette période et préparer la voie pour une campagne proprement dite apaisée.
« Nous avons un travail immense en cette période. Les risques de dérapages s’accroissent. Grâce à ce dialogue, je m’engage à produire des émissions qui ne favorisent pas les discours de haine »
Ishara Johnson BUTARAGAZA, convié à cette séance est convaincu, qu’en qualité d’acteur politique, le moment est choisi pour mettre en lumière le projet de son parti Lgd et de verser dans les polémiques inutiles.
« Moi, Johnson Butaragaza, ma mission est celle de faire triompher les projets de société de mon parti. Les polémiques récurrentes n’ont pas de place au Lgd. Nous nous engageons d’être un parti modèle et de faire en sorte que via notre action politique que nous puissions remporter les élections » a martelé, Johnson BUTARAGAZA
Les opérateurs culturels du Nord-Kivu ne sont pas aussi restés bouche-bée lors de la phase de prise d’engagement. Jean pierre KIENKYEMBWA connu sous le nom de Mupendaraha conseille à ses collègues de produire des œuvres qui ne favorisent pas la division.
« Je m’engage à produire des œuvres responsables et qui ne favorisent pas l’amplification des discours de Haine et la violence au sein de la communauté. Les comédiens ont une place dans la communauté. Des productions non violentes peuvent contribuer à l’aboutissement heureux du processus en cours. » a rassuré ce comédien de renom.
Ce dialogue national au Nord-Kivu sur comment les acteurs politiques et sociaux culturels peuvent lutter contre les discours de Haine et les campagnes précoces, en période électorale, s’inscrit dans le cadre du projet régional média pour le dialogue, phase 2.
Ce projet de la benevolencia vise à contribuer à l’amélioration de la stabilité et de la coopération régionale entre les Etats, afin de promouvoir la cohésion sociale, les relations de confiance et la cohabitation pacifique au sein des communautés transfrontalières.
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