L’organisation non gouvernementale Alerte congolaise pour l’environnement et les droits de l’homme ACEDH en sigle a intenté une action en justice contre l’Etat congolais.
Maitre Olivier NDOOLE, de ACEDH révèle que cette action vise à dénoncer le silence des autorités de la république face à la destruction de l’écosystème. Il accuse même quelques partenaires du gouvernement de Kinshasa de se livrer à des actes qui vont à l’encontre de la préservation de l’environnement.
« Nous avons jugé,qu’il était utile d’amener la République devant la justice . Certains partenaires de l’Etat congolais sont impliqués dans la déforestation et le pillage des ressources naturelles. C’est le cas des forces de l’EAC et c’est dans un silence accablant. Ce silence fait engager la responsabilité de la République » fait savoir Olivier Ndoole.
Malgré la création en 2015 du Corps des parcs nationaux et réserves apparentées (COrPPN), celui-ci accuse également l’Etat congolais de ne pas s’impliquer afin de le rendre effectivement opérationnel pour éviter la prolifération des groupes armés dans les parcs nationaux et autres réserves naturelles.
« Des politiques publiques violent des fois les lois de la République, il s’agit d’une responsabilité. Les groupes armés et autres armées étrangères s’introduisent dans nos réserves alors que nous avons un décret qui crée le CORPPN, la République n’a pas encore donné des moyens à cette unité pour nettoyer les aires protégées. Nous avons estimé qu’il fallait aller devant la justice pour qu’elle prononce des mesures en termes correctionnels ou d’orientation des politiques afin que la République de prendre des mesures urgentes nécessaires par rapport à l’irréparable qui s’observe » note-t-il.
Celui-ci rappelle tout de même que cette action en justice ne signifie pas que la République ne fait rien en termes de ses prérogatives pour protéger les aires protégées mais plutôt elle ne met pas tous les outils nécessaires en sa possession pour limiter si pas éviter la destruction de l’environnement.
Ainsi donc, le 17 Octobre prochain, ça sera la première audience au parquet de grande instance de Goma entre ACEDH et la République.

La RDC est l’un des rares pays au monde avec une biodiversité importante.
Le site d’information congolais Desknature.com souligne que « plus de 42% du territoire national congolais sont couverts des forêts primaires abritant plus de 400 espèces de mammifères, plus de 1.000 espèces d’oiseaux, plus de 400 espèces de poissons et plus de 10.000 espèces de plantes, indiquent les statistiques.
Actuellement, on estime à plus de 50 millions le nombre de personnes à travers la République démocratique du Congo et le monde, qui dépendent directement de ces écosystèmes et leurs services délivrés pour leur survie de l’humanité »
En RDC, les trafics et l’exploitation illégale du parc des Virunga financeraient les groupes armés, selon un article du journal Le monde publié en 2021.
Une préoccupation qui arrive, à moins de 3 mois de la tenue de la 28eme conférence des parties COP28, qui se tiendra à Dubaï, aux Emirats Arabes unis.
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